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Le trombone

Al GreyOn le connaît bien le trombone!… Il sait se faire entendre dedans comme dans la rue. Il traine peut- être une réputation un peu tapageuse… Et pourtant c’est un instrument délicieux… qui sait être fougueux, mais aussi se faire tendre…

Vous le savez, le trombone fait partie de la famille des cuivres, et possède une tessiture étendue (deux octaves et une quinte). Certains musiciens utilisent le “complet” qui comporte un barillet (appelé aussi noix), qui permet à l’instrument de trouver plus de longueur et donc davantage de basses (une quarte). Je fais un peu le savant, mais pour cet article, je puise des renseignements précieux dans l’entrée de Marc Richard dans le “dictionnaire du jazz” de chez Robert Laffont.

Il existe aussi le trombone à pistons, lesquels remplacent la coulisse. Un des premiers à l’avoir fort bien utilisé se nomme Juan Tizol, musicien de Duke Ellington et papa du célèbre “Caravan”. Bob Brookmeyer, qui vient de disparaître, a été un grand technicien de ce type de trombone. Il a beaucoup joué aux côtés de Stan Getz.

Trummy Young et Louis Armstrong

Trummy Young et Louis Armstrong

Le trombone a connu un immense succès, et ça continue!…. dans le vieux style et la musique de la nouvelle orléans. Les glissandos de la coulisse (tailgate), ont permis aux instrumentistes d’exprimer une voix de contrechant en symbiose avec la clarinette et la trompette. On retrouve cette manière de jouer dans les hot five mais surtout les all stars du grand Louis Armstrong. S’ illustrèrent dans cette discipline, Trummy Young, mais aussi Tyree Glenn et le texan Jack Teagarden(excellent chanteur aussi!).

Kid Ory

Kid Ory

Auparavant, Kid Ory avait enchanté les publics du monde entier avec un bel entrain, à la tête de formations qui connurent un beau succès. On retrouve des grands trombones dans les grands orchestres des années 30 et 40. L’utilisation de nombreuses sourdines donne à l’instrument une coloration à multiple facettes. Il faut écouter dans la formation de Duke Ellington les grands spécialistes que sont Tricky Sam Nanton, Laurence Brown, Quentin Jackson, Britt Woodman, John Sanders et plus tard Buster Cooper. Chez Count Basie, et chez Lionel Hampton, on a su ouvrir les pages d”un catalogue prestigieux (Dicky Wells, Vick Dickenson, Benny Morton, Jimmy Cleveland, Henderson Chambers, Al Grey ou Benny Powell). On oublie pas pour autant les anciens (Charlie Green, Jimmy Harrison et JC Higginbotham!), tous aussi merveilleux.

Benny Morton

Benny Morton

J’en arrive aux fort célèbres, pas nécessairement les meilleurs. Enfin, à voir!… Tommy Dorsey, que l’on voit dans beaucoup de films, avait une superbe sonorité et une belle technique dans les aigus. Il jouait fort bien les ballades. Glenn Miller, souvent en uniforme de l’armée américaine, a fait danser des générations de jazz fans sur “in the mood”. Un bel orchestre en tous les cas. Les amis des réseaux sociaux nous envoient souvent des clips sur you tube, souvenirs souvent inconnus, en tous les cas remarquables, de ces immenses vedettes de la coulisse!….

Les boppers Bill Harris, Melba Liston, JJ Johnson ou Kai Winding, les hard boppers Curtis Fuller et Slide Hampton méritent l’hommage de tous.

Tommy Dorsey - JJ Johnson

Tommy Dorsey – JJ Johnson

John Allred

John Allred

Parmi nos contemporains, Glenn Ferris, Phil Abraham, Wycliffe Gordon, Jerry Edwards et Fred Wesley peuvent être cités, mais, personnellement, je suis très attiré par un vrai phénomène qui j’ai découvert aux côtés du saxophoniste Harry Allen. Je veux parler du peu connu John Allred, habitué du festival d’Ascona (Suisse) . Pas une faute de goût, un phrasé magnifique, un swing de tous les instants. Superbe!

Chez les français, on pense tous à Benny Vasseur, le plus célèbre, ancien respecté de tous. Il a fait partie de beaucoup d’orchestres dont celui de Claude Bolling, dans lequel il a retrouvé ses compères André Paquinet et Charles Verstraete.

Cet article étant écrit de la Guadeloupe, je ne peux passer sous silence le nom de Al Livrat, qui fit merveille en Europe dans les années 50 aux côtés du saxophoniste Robert Mavoudzy lui aussi antillais.

François Guin a créé les four bones, groupe qui a enregistré en 1972 un très beau disque pour RCA avec le saxophoniste Guy Lafitte (“sugar and spice”). On peut y écouter Michel Camicas, Jean Orieux, et Claude Gousset.

Dans la génération suivante, il faut noter les performances de Yves Robert et de Denis Leloup, musiciens associés à beaucoup de rencontres de haute tenue. Mais je n’ai aucune peine à rajouter dans cette liste non exhaustive, l’excellent Patrick Bacqueville, qui est également un très apprécié crooner. Autres remarquables trombonistes français, Philippe Renault, Raymond Fonsèque, Henri Perrier, Rolf Buhrer (pistons), Remy Laven , Mark Steckar, Jean Chistophe Vilain, Jean Marc Ternois, Daniel Barda, Christophe Deret, Olivier Boeuffe, Francis Guero et l’Hendayais Sebastien Arruti.

Les régionaux de l’étape ne restent pas en coulisse!…. Beaucoup de copains bien sûr, qui méritent de figurer dans ce billet: Alain Saint Arroman, Philippe Dudon, Pierre Vergez, Roland Diana, Jacky Dauguettes, Philippe Betachet, Jean Pierre Caup.

Pour finir, quelques paroles de cette merveilleuse chanson de Serge Gainsbourg: ” Black trombone, monotone, le trombone, c’est joli, tourbillonne, gramophone et….. bâillonne mon ennui”

Bonnes fêtes de fin d’année à vous tous.

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6 Commentaires

  1. Merci Alain de ne pas être resté en coulisse. Je sais que tu es un spécialiste du jazz tout court et du trombone ne particulier. Ta contribution m’est précieuse…Avec toi, est complètée la galaxie. Dans les régionaux, je viens de m’apercevoir que j’ai omis de citer Jean Charles Orzan et en allant vers Toulouse Jean Osmont, un “pistonné” que l’on avait écouté à Dax avec Bill Coleman et notre inoubliable Belisse!…

  2. Pierre tu as oublié quelques incontournables. Il n’est pas question d’aligner une longue liste, mais pour les trombonistes certaines coulisses allument des étoiles: Carl FONTANA, Frank ROSOLINO, Bill WATROUS, Phil WILSON… Plus récemment Conrad HERWIG, Wycliffe GORDON, Andy MARTIN…. Pour les passionnés je signale un livre : JAZZ BONES(The World of Jazz Trombone) de Kurt Dietrich.

  3. Bonsoir Pierre !

    Belle caricature d’Al Grey !
    Tu cites Raymond Fonsèque, mais sais-tu qu’il nous a quittés mi-novembre ?
    Francine continue la publication de Jazz Dixie Swing. Un couple au service du jazz …

    J’ai vu Bacos le 2 décembre à Bordeaux, et il revient en janvier avec Michel Bonnet.
    Du haut de gamme pour commencer l’année !
    Bonnes fêtes, amicalement, Yvette

  4. Grace à ton commentaire, Alain, ton ami BRULEY renaît de ses cendres!….

  5. Salut Pierre, j’espère que tu vas bien et merci d’évoquer le trombone… J’ai découvert François GUIN et les Four Bones avec Marcel ZANINI en concert dans la Creuse en 1971 ! Puis j’ai encore eu de la chance de rencontrer un tromboniste ayant joué avec François Guin , Daniel BRULEY … qui comme son nom l’indique mets le feu aux poudres . Amitiés et bonnes fêtes Alain

    • salut Alain,
      Merci de citer Daniel BRULEY qui est également dans mes pensées depuis ARCUEIL dans les années 1970 et avec qui je garde le
      contact.Daniel est un musicien et un homme aussi talentueux que généreux et il vient de me faire découvrir la maquette d’enregistrements réalisés
      en Trio (avec Bruno Bellemin !! guitare et Serge Ollivier à la contrebasse).SUPERBE !!! Jean Luc.

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