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Admiratifs!

 La transmission du savoir (et quel savoir!….) du grand Louis Armstrong à des gamins de Harlem….admiratifs!….J’ai toujours aimé cette photo….

En observant sur le net  les reportages sur les premiers  festivals de l’été,  dont celui d’Ascona (Merci Michel Laplace!), j’ai été frappé par la  formidable envie de beaucoup d’entre nous de faire partager ces moments intenses, durant  lesquels nous avons été subjugués, enthousiasmés même,  par les grands musiciens (dont beaucoup de jeunes!) en pleine activité. Visiblement, il y a beaucoup de joie sur ces photos. A n’en pas douter,  ils donnent le meilleur d’eux même en interprétant  une musique toute jeune comme le jazz avec amour et une grande joie de vivre! Ca saute aux yeux!

 

Ca se voit dans les regards. Ca se fixe  sur les photos!…Des endroits comme Ascona, ou encore Marciac, ou comme l’était “jazz aux remparts “ de Bayonne, permettent cette osmose cordiale  entre spectateurs et musiciens. Si forts, si grands!..si près …à portée de nos yeux,  de nos oreilles….quand ce n’est pas le partage du rire et des souvenirs dans les backstages, ou dans les bars et les restaurants.

Alors, un peu à court d’idée, j’ai choisi pour ce début d’été,  ce thème: “admiratifs!”…Nous sommes admiratifs devant cette musique,  et ceux qui la jouent si bien!. Sur ce  cliché, une première illustration de cette évidence: Ces jours- ci,  à Ascona (ou à Vienne?), le saxophoniste Michel Pastre et les trompettistes Michel Laplace et Jerôme Etcheberry étaient aussi dans le public..attentifs!….Pour apprendre, pour se nourrir, pour mieux jouer encore,  rien ne vaut l’écoute en direct . Tous les musiciens vous le diront.

Stan Getz et Lester YoungJ’ai toujours été fasciné par cette photo de Stan Getz prise en 1956 au “blue note” à Paris. Le jeune loup,  déjà fort célèbre,  regarde , avec des yeux comme des billes,  son mentor, son “papa”,  le saxophoniste Lester Young . Il  y a , c’est sûr,  de l’ admiration, si ce n’est de l’idôlatrie!…Toute la filiation, tout ce que Stan a piqué à Lester en le regardant,  en l’écoutant,  l’immense respect surtout, on le retrouve dans ce  regard  réjoui!

 

Jango Reinhardt and James MoodyRegardez bien cet autre  cliché, ici encore volé dans un club parisien dans les années 50. Le saxophoniste James Moody est  complètement hypnotisé par le jeu inoui et incroyable pour les américains,  de notre grand guitariste Django Reinhardt!… (derrière,  le jeune Pierre Michelot à la contrebasse).Tout écouter, tout capter, se laisser envahir par la musique que l’on découvre, jouée par une sorte d’Ovni que l’on vénère.

Je ne sais si c’est de l’admiration, tant les deux stars gonflaient tous les deux le torse  sur toutes les scènes du monde  à l’époque. Mais voir la mine hilare (elle était en permanence,  diront beaucoup!….)  de Lionel Hampton encourageant Charlie Parker qui s’exprime avec un saxophone tenor (complètement inédit comme situation !) , à moi,  en tous les cas, ça me met en joie. Et ça faisait longtemps que j’avais envie de placer ce document dans un de mes billets. Voilà qui est fait!…..Je n’ai pas encore écouté Charlie au tenor et je pense que moi aussi, pour le coup , ce jour là,  je serai admiratif!….Parker et Hawkins le sont l’un envers l’autre sur cette fameuse video que l’on peut voir sur “you tube”…Ils ont chacun une manière amusée mais attentive d’observer l’autre qui joue. …On a beau dire que c’est du play back. On s’en fout. Ils étaient l’un à côté de l’autre, bon dieu!. Et ils ont joué divinement ce jour là (j’en suis sûr) pour coller à la musique déjà enregsitrée, ce qui les rend encore plus admirables!…

 

Et puis,  et puis…. Earl Hines, qui s’essaie à l’orgue Hammond sous le regard amusé de Count Basie!...ou encore le facétieux  Fats Waller,  toujours entouré dans les quelques films que l’on a de lui,  d’une tripotée de nanas complètement dingues de lui!..Il y  avait de quoi! . Ces musiciens joyeux, ces vraies personnalités,  faisaient  vraiment les show pour le grand plaisir de leurs admirateurs ( trices…). Les critiques savantes ne prenaient pas une grande place pour eux  dans les revues, mais alors, les salles , elles étaient pleines de spectateurs  enthousiastes! Ah!….c’était le bon temps!……Je reprends un peu cet état d’esprit, car voyez vous, dans cet article,  il y a davantage de photos et d’enthousiasme  de que texte!…. Comme si les clichés et la bonne humeur se suffisaient à eux mêmes!….

 

Que retenir de tout cela?…… La joie du partage , l’estime réciproque, l’intérêt de découvrir et d’écouter attentivement l’autre, d’ en faire parfois son modèle. Pour le moins, piquer quelques trucs… Tous les plus grands l’ont fait, même si beaucoup ont pris par la suite des chemins différents. Les références à Coleman Hawkins, à Lester Young, à Art Tatum, à Charlie Parker, à John Coltrane,  à Louis Armstrong surtout,  reviennent souvent dans les récits de vie des musiciens. Et tous ces grands cités ont eu aussi leurs références. Pas nécessairement celles auxquelles on aurait pu penser. King Oliver ou Buddy Bolden pour Louis Armstrong, Frankie Trumbauer ou Bud Freeman pour Hawkins, Fats Waller ou Earl Hines pour Tatum! Il a donc existé dans la majorité des cas,  un exemple à suivre, l’élève ayant souvent par la suite, dépassé le maître…Pour Charlie Parker, John Coltrane et pour Django Reinhardt, on cherche ceux qu’ils ont pu admirer et tenter de copier. A vous lecteurs de nous les faire découvrir……On peut croire à la génération spontanée… Mais j’y crois assez peu pour le jazz.

Nota: Les photographies proviennent essentiellement des revues “jazz magazine” ou “jazzman“, les deux à présent réunies. Un supplément sur le jazz édité par Telerama a aussi été utilisé. Merci aussi à Michel Laplace,  “globe- trotter” du jazz, présent sur tous les festivals, et mon ami dans un site de convivialité très connu. Son fonds de photos comme celui de Jean Pierre Vignola sont des mines d’or.(P.F.)

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