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Count Basie

Pas facile d’évoquer Count Basie et son magnifique orchestre dans le petit espace d’un billet… Je vais m’y risquer…..

Il faut dire que la longue carrière de celui que l’on a appelé “the kid from Red bank” (sa ville natale dans le New Jersey) couvre la grande période du jazz et plus spécialement celle du swing, du vrai, de celui qui balance. Ce célèbre pianiste né en 1904 et disparu en 1984, a toujours su s’entourer de musiciens merveilleux, et eux aussi fort connus, mais surtout d’une rythmique très souple, avec un guitariste métronomique Freddie Green, discret mais farouchement présent, et ce, durant plusieurs décennies. Il n’a jamais quitté son chef (il lui a même survécu dans l’orchestre) et c’est vraiment lui “qui avait les clefs du camion”…

Il faut dire qu’à Kansas City qui a vu éclore l’orchestre en 1935, on aimait la musique simple mais efficace, sur fond de blues et de boogie woogies, avec faute de vrais arrangements du moins au début, des riffs faisant répondre les sections de trompettes, de trombones et de saxophones. Déjà (période Decca), les solistes les plus prestigieux étaient présents. Buck Clayton et Harry “sweets” Edison chez les trompettes, Dickie Wells chez les trombones… Mais, ce sont surtout les saxophonistes, notamment tenor, (vénérés à Kansas City!) qui ont fait la gloire du “comte”, Hershell Evans et Lester Young, puis Buddy Tate Don Byas, Paul Gonsalvés et le champion, véritable phénomène Eddie “lockjaw” Davis. Le contrebassiste Walter Page et le batteur Jo Jones, mais aussi les vocalistes Jimmy Rushing et Helen Humes complétaient la formation. Bref, du beau linge!….
Les années passaient et l’orchestre affirmait vouloir rester sur les mêmes rails, se contentant avec bonheur cependant d’arrangements simples et de morceaux propices à la danse. Avec la même efficacité, la même folle envie de jouer, on a pu applaudir au cours des années 40, 50 et 60, de grandes vedettes du jazz mises en valeur dans ce merveilleux écrin: Les saxophonistes Illinois Jacquet, Wardell Gray, Lucky Thompson, et plus tard Frank Foster et Frank Wess, les trompettistes Joe Newman, , Clark Terry, Snooky Young, les trombonistes Vic Dickenson, J.J. Johnson et Al Grey, les batteurs Gus Johnson , et Sonny Payne. Et j’en oublie….Pardon aux fans et spécialistes de Count Basie comme Philippe Milanta, Marc Richard ou Michel Pastre.

A partir de 1960, l’orchestre, qui avait du se réduire en sextette , pour difficultés financières, va retrouver toute sa superbe, et s’entourer d’arrangeurs de luxe, comme Neal Hefti (“Atomic Basie“!), Benny Carter, Sam Nestico, Lalo Schifrin ou Quincy Jones . Ce seront les succès de la période “roulette” avec les long plays, la stéreo, et de magnifiques pochettes cartonnées. Count Basie se fera alors un plaisir de s’entourer de vedettes mondiales de la chanson de Broadway (Tony Benett, Sammy Davis Jr, Ella Fitzgerald, et Frank Sinatra!…. sans oublier son chanteur maison, le grand Joe Williams! Une rencontre avec le Duke Ellington orchestra date de cette époque de grand luxe (“first time” 1961 CBS)…Plus tard, l’imprésario Norman Granz hébergera sous ses prestigieuses marques Verve et Pablo de grandes figures qu’il associera à Count Basie (le pianiste Oscar Peterson, le saxophoniste Zoot Sims, le vibraphoniste Milt Jackson ou le trompettiste Roy Eldridge). Basie se produira aussi avec succès en trio en utilisant parfois l’orgue Hammond.

Tous ces enregistrements valent le détour de l’oreille, croyez moi!…. . Parmi toutes ces merveilles que l’on peut facilement trouver, j’ai un faible pour Count Basie live at the sands. Ce soir de février 1966, l’orchestre attendait Frank Sinatra. Tous avaient une folle envie de jouer. Ça s’entend!… L’enregistrement était parfait, les tempos plus enlevés que d’habitude, Eddie “Lockjaw” Davis dans une forme éblouissante, bref, tout fut réuni pour obtenir un chef d’œuvre!… (il faut dire aussi que Sonny Payne était aux baguettes!…)

Des surprises comme celle-ci, il y en a beaucoup chez Count Basie, ce petit bonhomme rond, toujours souriant, qui jouait “trois p’tites notes de musique”, toujours formidablement bien placées….
Que vous dire de plus ?…. “tous les matins au saut du lit…j’écout’ un disq’ de Count Basie!… (Henri Salvador)…..Il avait bien raison Henri (hé! hé)…..

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3 Commentaires

  1. Est-ce Jean, prof de math à Dax, rencontré lorsque nous habitions Hinx ?…

  2. Bonjour jean, Je découvre un homonyme, peut être un cousin ?….. Merci pour le compliment.

  3. Bon travail Pierre. Très intéressant à lire!

    Jean
    Hérault/Gard (France)

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