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La contrebasse

contrebasse

Slam Stewart

La contrebasse à cordes… notre grand mère…et si on en parlait?… Tout d’abord, pourquoi une grand mère?… Peut- être pour l’ancienneté de l’instrument. Les contrebassistes sont souvent heureux de nous présenter leur grand mère, la plupart du temps  très âgée (on parle en siècles!) , mais qu’ils couvent et caressent  comme une jouvencelle aux belles formes….

La contrebasse, donc…. Un instrument pilier des formations de jazz… certains diront que ça en constitue l’ossature. C’est tellement vrai, qu’en écoutant un orchestre de  jazz, on sent bien que ce n’est que lorsque entre en scène la contrebasse,  que ça joue vraiment… le tempo s’installe… C’est parti!…

La plus grave de la famille des violons, accordée mi la ré sol. (Red Mitchell a pourtant adopté l’accord du violoncelle  (do sol ré la)), la contrebasse  se joue avec un archet. Mais les jazzmen ont dès le début des années 30,  adopté  le jeu pizzicato (pince avec les doigts de la main droite) pour donner la pulsation nécessaire et un meilleur marquage du tempo, et ce, dans une osmose réussie avec la batterie, le piano ou encore la guitare (exemple : Walter Page chez Count Basie) . Très vite, les contrebassistes sont également devenus solistes. On pense, pour la période classique,  à Jimmy Blanton, un grand novateur  chez Duke Ellington,   à  Oscar Pettiford  (adepte aussi du violoncelle) et à Ray Brown qui a traversé les décennies en restant un maître de l’instrument.

Oscard Pettiford au violoncelle avec Duke Ellington

Il existe autant de bons contrebassistes que de bons orchestres. On ne les citera pas tous, mais méritent mention, toujours pour cette première période jusqu’aux années 50, Welman Braud, Pops Foster, John Kirby,  Arvell Shaw, Georges Duvivier, Jimmy Woode, Bill Pemberton,  Gene Ramey, John Simmons, Milt Hinton, Eddie Jones, Billy Taylor, Israël Crosby…

Ray Brown

Déja, pour cette période faste, on remarque des personnalités comme Slam Stewart,  lequel fredonne avec sa voix un octave au dessus de son jeu sur les cordes, entraînant un grand swing. Il faut l’avoir écouté avec son compère multi- instrumentiste Slim Gaillard, notamment dans le film “Hellzapoppin“(1941) sur un registre loufoque.

Slam , par la suite,  a fait une longue carrière,  et nous avons eu le bonheur de souvent l’admirer dans les fameux concerts “Monestier” que j’aime souvent citer dans mes billets. Les disques qu’il a enregistrés avec le truculent Milt Buckner (piano)  et le batteur Jo Jones sont des monuments. Il faut noter que ce jeu chanté a été repris par la suite par Major Holley Jr, qui s’exprime avec ses cordes… vocales,  dans le même octave que celui qu’il joue sur l’instrument. Paul Chambers a également repris le flambeau,  utilisant à merveille l’archet.

En transition avec la période moderne, il faut évoquer ici Charles Mingus qui a commencé sa carrière chez Lionel Hampton,  avant de connaître la célébrité.

Leroy Vinnegar

J’ai toujours une petite préférence, comme cela dans un coin, et je réserve ici une place particulière à Leroy Vinnegar,  qui a fait des merveilles sur la côte ouest des États Unis, au milieu des années 50. Il n’est peut- être pas très célèbre, mais alors , en walkin bass, il a toujours  été parfait. Un beau son, une précision de métronome, un super accompagnateur et soliste. Il nous a quittés en 1999.

La période plus moderne offre peu à peu une autre fonction à la contrebasse. On ne cherche plus nécessairement à marquer le tempo. Certains musiciens,  à l’instar de Scott La Faro dans le trio de Bill Evans, vont s’affranchir de ce rôle primordial,  mais peut- être trop simpliste. Les bassistes vont chercher de plus en plus à dialoguer avec les solistes, sans oublier, lorsqu’ il le faut,  d’assurer leur mission traditionnellement rythmique. Il convient ici de mentionner les noms de beaucoup de contemporains…. Sam Jones, Joe Mondragon, Red Mitchell, Doug Watkins, Joe Mondragon, Georges Mraz, Charles Haden, Jimmy Garisson, Percy Heath, Red Mitchell, Eddie Gomez, Gary Peacock,  Rufus Reid,  Dave Holland, Christian Mac Bride, Peter Washington…avec pour moi, une préférence pour le danois  Niels Henning Orsted Pedersen (NHOP),  un des plus talentueux, ou encore Ron Carter (la note juste et essentielle). Il vient de donner un très beau concert en Guadeloupe.

NHOP

Dans les trésors du jazz, il faut savourer le “the man I love” de Coleman Hawkins de 1943. On y découvre Oscar Pettiford jouer avec la colonne d’air et une force considérable!…..Impressionnant!  Un grand moment discographique! …. Il y a aussi le duo Don Byas– Slam Stewart sur “indiana” (1945) à couper le souffle!…Mais les oeuvres où les bassistes font des merveilles, sont légion.

Chez les français, ils sont nombreux à mériter la citation: Tout d’abord, placons ici un des plus présents aux côtés des américains dans les années 50 et 60. Je veux parler de Pierre Michelot,  apprécié de tous. Mais également  “Le révérend” Roland Lobligeois qui a été “notre français” durant les années 70  aux côtés des plus grands dans les fameux disques “black and blue”. On ne peut oublier non plus Guy Pedersen ou encore  Michel Gaudry, de plus excellent dessinateur.

Dans la génération plus récente, Pierre Boussaguet se distingue pour,  lui aussi,  son accompagnement très sûr, proche de celui de Ray Brown. Mais il y a d’autres Pierre (s)… Pierre Yves Sorin, et Pierre Maingourd... Je n’oublie pas Patricia Lebeugle, ouais, une femme chez les slappeurs… Quelle présence et quel drive!… Deux excellents aussi…Bruno Rousselet et Manu Marches.

Enfin, pour ne pas trop laisser de brèches ouvertes…. Je ne veux pas faire offense à ceux que j’écoute peut- être moins,  mais qui sont bien médiatisés,  comme Patrice Caratini, ou Jean François Jenny Clarke.

Pierre Michelot

Pour finir,  je ne peux oublier ceux de la côte…basque…Laurent Aslanian (lui aussi basse chantante), Jean Paul Gilles, Patrick Quillart et Philippe Rigaud.

Doucement les basses?……  Non!… nous vous aimons les bassistes …. même si vous semblez jouer dans votre coin, même si on tend à vous oublier…… même si vous êtes parfois les moins complimentés, alors que vous vous êtes hâché les doigts pendant les choruses des autres…. interminables…..

Mais ce ne sont peut-être que de basses…considérations….

 

 

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6 Commentaires

  1. Comment transporter sa contrebasse sur un vélo (oui c’est possible) Regarder ça par ici –>

  2. Tous ces contrebassistes que tu cites, Pierre-Louis, sont remarquables. Duke, comme Count d’ailleurs, savait les choisir. Merci d’avoir complété mon panorama. “bibi”Rovere a, comme Michelot, joué avec les plus grands. Un billet sur la batterie est en préparation….

  3. J’aimerais mentionner mon “chouchou”,très grand bassiste totalement ignoré : Joe Benjamin ! bassiste de la très swingante rythmique de Sarah Vaugahn (avec Jimmy Jones et Roy Haynes),omni présent dans les studios et souvent associé a Duke Ellington notamment à la fin de sa vie.
    Ecoutez le !Il est à l’aise dans tous les styles (Grosse formation classique),le son de Milt Hinton + le feeling caractéristique des bassistes Ellingtoniens.A ce sujet Aaron Bell,Ernie Shapard,john lamb,jeff Castleman Etc… étaient pas mals non plus.Une petite pensée au passage pour Rovère qui avait joué au pied levé avec Duke (Roland,terrorisé avait décliné l’invitation)

  4. Dans les régionaux de l’étape , j’ai oublié le dacquois Philippe Obin et le tarbais “Nino” Ferrer.

  5. Merci Jipi de nous l’avoir fait découvrir!…..

  6. Et hop un petit “besame mucho” par un de mes bassistes préférés : Avishai Cohen et son remarquable trio, Shai Maestro – keyboards et Amir Bresler – Drums

    Et une autre

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