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Phil Woods


Mes coups de cœur sont nombreux et ma panoplie des “grands du jazz” a du mal à trouver un vêtement à sa taille…Mais je continue…La matière est inépuisable…Pourquoi Phil Woods, après vous avoir parlé de l’accordéon que j’adore, ou bien encore de la route du rhum ?….Peut- être parce que que j’aime beaucoup le sax alto, et ceux qui savent le faire chanter…Phil Woods fait partie, pour moi , de ces enchanteurs qui font mon bonheur d’écoute quasi quotidien. Et ça continue..

Après une magnifique carrière de musicien et de compositeur, le voici professeur depuis plusieurs années à présent, pour le plus grand bonheur de ceux qui peuvent suivre ses conseils. Il existe un dvd “jazz master class” (2005 NYU), malheureusement pour moi en anglais only….Phil Woods DVD

Né en novembre 1931 à Springfields dans le Massachusetts, Phil s’est tout de suite passionné pour le saxophone alto. Ce n’est qu’après avoir travaillé avec le pianiste créateur Lennie Tristano, qu’il va expérimenter très sérieusement la clarinette son deuxième instrument, qui lui permet de briller sous plusieurs facettes. En 1956, remplaçant Jackie Mac Lean (disparu récemment), dans l’orchestre de George Wallington , on le retrouve au birdland de New York avec Kenny Dorham, Al Cohn et Conte Condoli. Il se fait bien les dents, et affirme déjà sa personnalité avant de former avec Gene Quill, autre alto un quintet qui fera date. Phil Woods a le bonheur de jouer dans le big band du batteur Buddy Rich, puis on le retrouve chez Quincy Jones.Couverture Phil Woods et Gene Quill Les rencontres se multiplient en free lance aux côtés de Benny Goodman ou Dizzy Gillespie.. En 1967, on peut l’écouter dans la formation de Thelonious Monk, avant de tenter comme pour beaucoup l’expérience européenne et même française où il retrouve notamment Henri Texier et Daniel Humair.
Après avoir cumulé les expériences , occupé avantageusement sa place au pupitre de saxes des meilleurs orchestres, il revient en Pennsylvanie en 1973 pour se consacrer à l’enseignement. Mais les tournées vont se poursuivre avec sa célèbre rythmique (Hal Galper (piano), Steve Gilmore (basse)et Bill Goodwin (drums)) que nous avons la chance d’avoir dans beaucoup d’albums Aebersold. Dans ces années là, il aura l’occasion de se produire avec l’étrange bugliste Tom Harrell.. En 2004, il va enregistrer un autre merveille avec l’orchestre dirigé par Marty Paich. (“groovin’to Marty Paich” -jazzed media 1005)

Voici très rapidement pour la biographie abondante de Phil Woods.Phil Woods

Beaucoup ont retenu que Phil Woods est un disciple de Charlie Parker. C’est une évidence, tant la filiation est criante, mais le jeu n’est pas calqué. Il faut dire que Phil était un fan complet du bird. A la mort de ce dernier, il a joué sur un de ses saxophones. Il a même épousé sa dernière femme Chan Parker. Pour François-René Simon ” de son idole (Parker) , il possède la fougue, la passion de jouer et la parfaite maîtrise de l’instrument. Mais au fur et à mesure des années, il n’a cessé d’explorer sa propre démarche, qu’on peut caractériser par un mélange de virtuosité et d’invention mélodique”. Phil Woods est à l’image de ces musiciens pétris de culture, dont le jeu est assorti de bon goût, qui sait vraiment swinguer en étant vraiment moderne. J’aime la netteté dans son jeu, la pureté des notes, les inflexions et envolées sublimes, l’incision calculée, les notes gonflées et l’inspiration infinie…Bref, ca me botte vraiment….

Un des mes disques favoris et qui m’a vraiment fait connaître Phil Woods, c’ est ce chef d’œuvre enregistré par l’orchestre “saxomania” de Claude Tissendier en novembre 1991 (bientôt 20 ans!). Un joyau!….. Mais j’aime aussi beaucoup celui enregistré avec Stéphane Grapelli , Marc Fosset et Louie Belson en 1988.

Ici en Guadeloupe, la fraîcheur arrive, mais tout est relatif (entre 20 et 25 °). Dans la froidure métropolitaine, pour ceux qui y sont, pensez à écouter Phil Woods. Ça vous réchauffera au moins le cœur!…

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1 Commentaire

  1. Chers amis, Jean Pierre DARMENDRAIl m’a envoyé ce texte qui va intéresser tous les musiciens.
    Eh, Jean Pierre, tu peux écrire en direct sur cet espace. Je crois qu’il y en a un second. je vais rechercher.

    Pierre. Je laisse la parole…à Jean Pierre….qui a connu vraiment des trucs formidables. certainement, mais il nous le dira, lorsqu’il dirigeait le PAU BIG BAND dans les années 70 et 80. C’était à l’époque, une des rares big bands français.

    Pierre.

    PHIL WOODS
    Tu me disais être sensible aux « petits détails» concernant les saxophonistes que j’ai pu rencontrer .
    Phil WOODS jouait un Selmer Mark VI après avoir hérité du sax. de Ch. PARKER et de ses
    (h)anches ( … celles de sa femme Chan PARKER en l’occurence …) .
    Il utilisait un bec ébonite MEYER bien adapté selon lui à l’alto . D’ailleurs au pupitre il déconseillait
    les becs métal pour tous les saxes des orchestres plus ou moins débutants car demandant une plus
    grande assiduité pour atteindre la souplesse nécessaire à la précision et la cohésion de phrasé et
    l’équilibre sonore de la section .
    Sa maîtrice instrumentale , son attaque incisive , l’ampleur et l’autorité de sa sonorité outre ses qualités
    de soliste en font un des plus efficaces lead-alto de l’histoire du jazz participant aux BB Dizzy
    GILLESPIE , Benny GOODMAN , Gerry MULLIGAN , Quincy JONES , Manny ALBAM , Gary Mc
    FARLAND …
    Son professionnalisme en fait un pilier des studios ( dans le « Just the way you are » de Billy JOEL il
    signe le solo d’alto ).
    Sa seule présence colore une section, comme Marshall ROYAL ( BB Basie , Nat Pierce , Bill Berry …).
    Quelques autres lead-alto de légende :
    Russell PROCOPE ( Ellington ) , Earl WARREN ( Basie ) , Willie SMITH ( Jimmie Lunceford )
    Joe MAINI ( Terry Gibbs ), Med FLORY (Supersax ), l’anglais Derek HUMBLE ( F. Bolland-
    K.Clarke), Anthony ORTEGA ( Gerald Wilson ), Jerry DODGION ( Th. Jones-Lewis) , Porter
    KILBERT ( ah! le «Air mail special» de Quincy Jones BB 1960 chez Emarcy ), Gene QUILL ( Ted Mc
    Nabb) , Bud SHANK et Ch. MARIANO ( studios et S.Kenton ) , Richie COLE (Buddy Rich ), David
    SANBORN (Gil Evans ), Art PEPPER ( Marty Paich ), Dick SPENCER ( Louis Bellson , Toshiko
    Akiyoshi ))…etc … etc …
    Et ce n’est pas pour me déplaire ; un de ses enregistrements qu’il affectionnait particulièrement c’était le
    « Pablo » de Michel LEGRAND «After the rain» avec Zoot SIMS et lui même . Toute la complicité de
    deux solistes s’appréciant mutuellement inspirés et interactifs sur un matériel thématique des plus
    quelconque …finalement ce qui compte c’est la qualité de la conversation .
    En excellent pédagogue , inutile de te raconter tous les petits conseils qu’il a pu me donner car il y a
    trente ans il n’y avait ni méthodes ,ni exemples vivants proximaux . Il fallait glaner toutes les
    informations tant au niveau des arrangements , des becs , des sourdines , du placement des musiciens ,
    de la tenue des instruments , etc … donc se faire soi-même son petit bagage .
    Cela peut paraître un peu primaire et archaique aujourd’hui pour certains mais déjà la méthode
    pédagogique américaine avait démocratisé tout ça pour les apprentis musiciens US qui avaient de
    l’avance sur nous.
    J’ai eu la chance de rencontrer des gens extraordinaires qui en deux mots te faisait avancer , cela
    déborde un peu notre propos mais j’ai envie de t’en parler …parmi eux :
    Shelley MANNE pour ses relations et sa recommandation auprès d’ arrangeurs californiens ( beaucoup
    de BB universitaires là-bas , leur niveau me semblait-t-il naivement serait plus abordable …tu
    parles!… ) .
    Quel swingman ce Shelley , impressionnant en direct par sa discrète et efficace présence , quel
    gentleman , un beau CV mais mal connu en France pourtant .
    Kenny CLARKE : tempo , tempo , tempo …
    John LEWIS : contrôle , contrôle , contrôle …
    Thad JONES qui m’a recommandé à KENDOR music NY peu enclin à l’époque à travailler avec
    des français ( difficultés de paiement ). Thad m’expliquait la difficulté de trouver un pupitre de Tb à
    NY pour jouer ses arrangements ( … j’en étais tout à fait conscient bien sûr !…) et ainsi faire bien
    attention dans le choix de mes arrangements en fonction de la qualité ( ! ) des pupitres .
    Mel LEWIS : « sur scène un batteur de jazz ça ne lit pas . Tu accordes ta puissance et ta couleur
    suivant les différentes séquences , pour les tutti ton fill sort l’orchestre d’une phrase pour l’amener dans
    la suivante et aider ainsi les pupitres , si tu n’es pas parfaitement dans le feeling , si tu ne connais pas
    parfaitement l’arrangement par coeur, même sa tonalité, abstiens toi , gardes le tempo et évite ainsi de
    planter les autres par une relance approximative , tu accompagnes l’orchestre et non l’inverse .
    Regardes Buddy RICH , il ne sait pas lire la musique …»
    Ouais !…bien sûr … j’avais enfin le secret de Buddy en prime .

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