Clicky

Duke Ellington

Encore un “monstre sacré”, un gloire éternelle du jazz, un artiste majuscule, qu’il va falloir réduire ici  à la dimension d’un billet!….

Mais allons à l’essentiel pour ne pas perdre de temps. D’autres comme Stanley Dance ou le français François Biensan, sont plus savants que moi pour présenter ce monument du jazz, lui et son magnifique orchestre , qui de 1924 à 1974 a brillé de mille feux pour notre plus grand bonheur….

La biographie de Duke Ellington ((1899-1974) est en fait relativement facile à résumer, car depuis les Washingtonians (1924), jusqu’au magnifique joyau des œuvres des années 70, Duke a été présent  avec ses musiciens, au travers des modes, en faisant sonner son band avec des couleurs immédiatement reconnaissables, jouant de l’orchestre, écrivant pour ses solistes en tenant compte de leur personnalité,  de leur particularité musicale, sans pour autant de perdre de vue le son du groupe. Toujours captivant…

Loin de moi les longues biographies et les études approfondies des œuvres. Encore une fois, je laisse volontiers la place à des personnes plus férues et talentueuses dans l’exposé et l’écriture…Juste pour vous dire que la première période , le style Jungle, permet de profiter de musiciens de premier ordre, immédiatement identifiables  dans les années 20 et 30  (Bubber Miley, Cootie Williams, Rex Stewart chez les trompettes, “Tricky” Sam Naton, Laurence Brown chez les trombones, Johnny Hodges, Harry Carney (on y reviendra!…), Otto Harwick et Barney Bigard chez les anches, et le batteur Sonny Greer).  

On peut entendre à cette époque les sublimes“Black and tan fantasy”, “creole love call”, “sophisticated lady”, “solitude”, “It don’t mean a thing” ou “prelude to a kiss”...De pures merveilles!….

Les fidèles sont déjà là…Ils ne vont plus quitter leur chef. Ils vont cuisiner pendant des décennies le fond de sauce. Je parle bien sûr de Johnny Hodges, d’Harry Carney et de Cootie Williams…Avec l’arrivée de l’alter égo du Duke,  Billy Strayhorn. l’orchestre devient plus onctueux , plus profond, plus flexible….Les grands thèmes éclosent sous les signatures des deux hommes (“In the mellow tone”, “koko”,  “take the A train“, “satin doll” ou  ““perdido”)…

Allez, je ne vous le cache plus…. on arrive très vite à ma période préférée, les années 50!…., Et je ne suis pas le seul à le penser!…Demandez notamment à Alain Pailler (“jazzman” n°126 juillet-août 2006), qui a fait dans cette revue un magnifique article sur cette époque. Accrochez vous aux branches!…Écoutez moi cette composition d’orchestre que je me permets de citer en entier avec pour référence, une merveille que nous a fait redécouvrir récemment François Biensan dans un site convivial. (Duke Ellington and his mother called him Bill (1967 bluebird RCA). Mais j’adore tout ce cette période bénie et richissime en teintes sonores. Je rajoute ici le volume One des Studio sessions à Chicago en 1956. Allons y: Willie Cook, Clark Terry, Ray Nance, Cat Anderson aux trompettes, Britt Woodman, Quentin Jackson, John Sanders, mais aussi Lawrence Brown et Buster Cooper aux trombones, Johnny Hodges, Jimmy Hamilton, Russel Procope, Paul Gonsalves et Harry Carney aux saxophones, Duke Ellington au piano, Jimmy Woode à la contrebasse,  et Sam Woodyard à la batterie!…ouf!….. N’en jetez plus!…

Les chefs d’œuvre sont nombreux (“UMMG”, “Rain Check”, “midriff”, “Lotus blossom”, “Day dream”, “in a sentimental mood”, “just scratchin’ the surface“,  ou encore  “love you madly”)…L’orchestre atteint ces années là toute  sa magnificence, une sorte de nirvana. Johnny Hodges y fait merveille et Paul Gonsalves (à qui il arrivait de dormir pendant les concerts!…)(voir certaines videos!…) enquille ses fameux 27 grilles sur le blues dans “diminuendo and crescendo in blue” au festival de Newport en 1956…C’est au cours de ces fifties, que Duke Ellington va écrire et faire jouer des suites magnifiques comme “such sweet thunder”(Shakespearien!), la “black brown and beige” (en fait de 1943, mais réécrite et sublimée en 1958), “anatomy of murder” (musique pour le film d’Otto Preminger (1959)…

A partir de 1965, Duke Ellington composera de très belles oeuvres (parfois trop ambitieuses à mon goût) de musique sacrée. On le retrouvera aussi libéré par moments de son orchestre,  pour des rencontres avec Ella Fitzgerald en 1956 et 1965, mais aussi avec Louis Armstrong en 1961, Charles Mingus et Max Roach en 1962, ou encore John Coltrane (1962).

Il va me falloir conclure…Dommage….Il y a tant à écrire et à écouter encore et encore….Frank Tenot apporte sa touche dans le Dictionnaire du jazz de Larousse: “Mêlant l’esprit du blues à l’invention orchestrale la plus raffinée, la musique de Duke Ellington, en référence constante à la culture afro-américaine, reste populaire en évitant les pièges de la mode”…Populaire oui, pour  tous publics certainement , rassemblant tous les amoureux du jazz et de la musique tout court, mais parfois musique exigente, toujours passionnante.

Je tenais,  non pas à vous la faire découvrir Duke Ellington ,mais surtout vous faire partager ma passion…Peut être  guider certains dans leurs choix. Les disques sont nombreux et tous excellents…Beaucoup de videos aussi….A noter enfin une relecture de l’œuvre ellingtonnienne par des musiciens français . J’ai déjà cité le trompettiste et arrangeur François Biensan (“almost cried” “jazz aux remparts” 64006). Je n’aurai aucune peine à ne pas oublier Claude Bolling qui a eu la chance d’occuper le piano pour quelques morceaux avec le grand orchestre de Duke et qui a beaucoup joué ses œuvres avec son band. Plus récemment, Laurent Mignard a offert avec son big band une renaissance éclatante de cet orchestre magnifique.

Une musique éternelle…Voici pour finir,  une photo de Duke séduit lui même par le charme dévastateur de son saxophoniste chouchou Paul Gonsalvès…A tous…“in a sentimental mood”

Vous avez aimé cet article ? Alors partagez-le en cliquant sur les boutons ci-dessous :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Parlez-en à vos amis