Ben Webster

Ben WebsterAh, je l’aime ce Ben…et ce depuis longtemps!…Un des mes disques préférés, celui que j’emmènerai dans une île…Suis-je bête ?….. J’y suis dans mon île…. avec toute ma discothèque!… bref…., un de mes chouchous de disques, c’est celui de Ben Webster, rencontrant Art Tatum!.. Cet enregistrement magique est devenu pour moi une référence permanente. Je l’écoute lorsque… je n’ai plus envie d’écouter les autres…Tatum le prodigieux, le virtuose, pensait coincer notre Ben sur des thèmes enlevés… Visiblement, le gros chat Webster préférait une rencontre pépère, mais qui s’est avérée fastueuse ce 11 septembre (!) 1956 pour la firme Verve. Les deux musiciens sont au sommet de leur art, nous régalant sur les grands standards (“gone with the wind”, “all the things you’re” “night and day”, “have you met Miss Jones ?” ou “where or when”). Ben Webster Quartet +3Attention! Chef d’œuvre!…Méfiance aussi , ce disque est souvent présenté sous le nom de “Art Tatum group masterpièces”. Je vous le recommande vivement (Pablo J33J20034).

Mais revenons à Ben . Ce bigman à tous les points de vue, est né à Kansa City dans Missouri en 1909. Formé à la musique classique et ayant joué à ses débuts du violon et du piano, Ben s’est
exprimé très jeune que sur le sax tenor semble t -il, et ce dans plusieurs orchestres, dont les plus connnus sont ceux de Bennie Moten (1931-33), Andy Kirk , Fletcher Henderson (1934), Benny Carter,ou Teddy Wilson (1939-40). Mais c’est surtout chez Duke Ellington qu’il a acquis ses lettres de noblesse. Il a été dans le pupitre des saxs de diouque de 1940 à 1943, et plus tard en 1948 et 1949. Il a aussi côtoyé dans son parcours des gens plein d’énergie, comme le violoniste Stuff Smith, le trompettiste Roy Eldridge ou encore le batteur Sid Catlett.. On l’a même entendu chez Count Basie en 1953.

Ben Webster & Coleman HawkinsDevenu une grande personnalité du jazz, demandé sur les scènes du monde entier, Ben Webster a beaucoup joué par la suite en petites formations, imposant son son puissant, vibré, profond, impressionnant avec des partenaires comme le trompettiste Harry Edison. Tendre comme un gros chat sur les ballades, il pouvait devenir “méchant” sur les tempos rapides… Son solo de “Cotton tail” chez Duke, illustre bien cette manière de jouer, fougueuse, mais bien calibrée, avec toujours ce souffle qui traîne, dont certains ont écrit qu’il abusait souvent… C’était Ben, tout le temps dans la démonstration, mais avec un coeur gros comme lui… Surtout un swing de chaque instant, avec ce balancement bien à lui, qui berçait sa musique , même sur les tempos lents.

La dernière partie de sa vie, à compter de 1964, il la passa en Europe à Copenhage et à Armsterdam, ville où il a définitivement remisé son sax dans son étui en septembre 1973. Cette période est meublée de paradoxes. Dans la décennie précédente, les années 50, il avait enregistré des plages fantastiques avec des cordes (il avait adoré!) , mais aussi avec son rival et ami, Coleman Hawkins., un peu sur le déclin. En Europe, Ben était déjà au bout du rouleau. Il a sombré dans l’alcool et peut- être dans la violence. Car Ben était en même temps un nounours tout gentil , mais aussi une sorte de gros casseur capable des pires éclats. On a raconté qu’il avait balancé une femme par la fenêtre!….Ben Webster in DenmarkSurtout beaucoup de cognac ingurgité!…. Dans une video magnifique, dont vous voyez la pochette, on assiste au Danemark, aux retrouvailles de Ben Webster avec le trompettiste Charlie Shavers.. On les voit s’amuser comme des gosses dans l’appartement de Ben. Le soir, ils sont dans un club. C’est très bien filmé…. On y est!……. et c’est un grand moment qui nous est offert. Dans ce même dvd, il y a des séances magnifiques d’enregistrement. Ben arrive à l’arrière d’un combi. Il marche lentement vers le studio , avec son chapeau et sa boite de sax qu’il proméne et protège amoureusement.. Il fume, s’assoit, grimace, tousse… puis, quand il joue, c’est de la magie pure…Et bonjour les accompagnateurs!… les pianistes Kenny Drew, et Teddy Wilson le contrebassiste Niels Henning Orsted Pedersen (dit NHOP!) et le batteur Alex Riel. C’est une sorte de chant du cygne de Frog (on le nommait aussi comme cela!), que je regarde souvent avec émotion… Car Ben Webster demeure celui qui, peut être, me touche le plus….

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