import de pdf dans Finale crée la polémique

Makemusic vient à peine d’annoncer l’importation de fichiers pdf dans la prochaine version de Finale (voir ce billet) que déjà une polémique lancée par des compositeurs américains vient d’éclater.

Alors que la reconnaissance de partitions imprimées et l’import dans Finale existe et fonctionne depuis de nombreuses années avec le plugin Smartscore, la nouvelle implémentation de Makemusic vise à seulement accélérer et simplifier ce processus de reconnaissance directement à l’intérieur du logiciel. Cependant les compositeurs Jennifer Higdon et John Mackey ne voient pas ceci comme une amélioration bénigne. Ils font activement pression sur MakeMusic pour reconsidérer cette fonctionnalité avec des arguments en défense du droit d’auteur comme :

Quel est le but de cette fonctionnalité, sinon de détruire le droit d’auteur ? Tout fichier PDF devient instantanément un fichier Finale avec la possibilité d’extraire et d’éditer chaque partie d’un conducteur.

La réaction ne s’est pas fait attendre et en grande partie en faveur de la position des deux compositeurs, généralement en défaveur de Finale. Peter Witte, le doyen du Conservatoire de musique et de danse à l’Université de Missouri-Kansas City, a écrit un commentaire assez représentatif :

La position de Finale Music Notation Software est erronée. L’Université de Missouri-Kansas City dirige un des plus beaux et des plus grands programmes de composition dans la nation. Les compositions qu’ont créées à l’aide du logiciel Finale nos étudiants, diplômés et professeurs sont une propriété intellectuelle de valeur. Pourquoi, alors, Finale serait en mesure de menacer le marché même qui a aidé à développer et à maintenir son produit ? En contournant les protections du droit d’auteur dans les fichiers PDF, Finale propose de faire exactement cela.

Cette polémique est me semble-t-il un peu déplacée et à contre courant. La nouvelle fonctionnalité d’import de pdf est un reconditionnement de ce qui peut déjà se faire avec Finale et d’autres logiciels comme Sibelius.
Tout comme tout autre document existant, si on peut le voir, il peut être lu et interprété par OCR. Peu importe si le document est une feuille de papier, un fichier PDF simplement visible sur un écran d’ordinateur, ou une image sur votre téléphone.

D’autre part, il a toujours été possible d’utiliser Finale pour faire des copies illégales de musique par le simple fait de recopier la musique dans le logiciel.

Et enfin pour qui connait les capacités assez faible de reconnaissance de la musique par logiciel la musique un tant soit peu complexe ne craint pas grand chose à mon avis. L’exemple dans la vidéo de Makemusic est d’une grande simplicité d’écriture.

En conclusion je comprends l’inquiétude que ces compositeurs ont sur leurs moyens de subsistance, mais les critiques formulées à MakeMusic ne vont pas dans la bonne direction. Le combat des compositeurs de l’ère numérique pour la protection de leurs droits en étouffant l’innovation est une bataille perdue d’avance. Ce qu’il faut reconsidérer ce sont les licences sous lesquelles est distribuée la musique. Et là c’est une autre histoire …

Mais c’est pas la fin. La réaction de Makemusic est à lire par là

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