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Le léwoz

Le joueur de Boula

Le joueur de Boula

La découverte de la Guadeloupe continue. La saison du Léwoz commence, et tous ont l’envie de se réunir pour la fêter !  C’est la fin du carême et de la saison sèche. Les Léwoz animent en ce moment les soirées plus fraîches de notre archipel , et c’est le moment de vous en parler…. Encore une belle tradition à vous faire connaître ..

Ce samedi, nous étions à Vieux Habitants au restaurant An ba rézin la ( ” au pied du raisin de mer ” )  pour un superbe Léwoz!… Cette tradition du Léwoz est très ancienne. On nous apprend que du temps de l’esclavage, c’était un moyen de se rassembler  près de la Kaz (maison) pour exprimer sa joie,  mais aussi parfois sa colère!… Sur quel sujet ?… En fait, un peu tous… suivant l’humeur de l’instant et du bonhomme…

Cette danse et cette musique était peu appréciée des colons qui lui préféraient  (et autorisaient!) les biguines, les mazurkas, ou les quadrilles d’origine plutôt européenne. Le léwoz, manifestation autrefois clandestine, s’annonçait  à l’aide des Konk a lambi  (coquillage dans lequel on souffle comme dans une corne). La tradition se perpétue,  en on y tient ici en Guadeloupe!…. C’est la fête au village!. On y porte son mangé et son rhum.

Les joueurs de percussions ( “tambouyés” ),  de plus en plus nombreux au fur et à mesure que la soirée s’organise,  vont ensemble battre le gwoka (gros tambour que l’on place entre ses jambes), frapper le tibwa ( morceau de bambou ) et  secouer en cadence les cha-chas (calebasses remplies de graines). C’est vraiment magique et je peux vous dire que ça bouge!…. Un chanteur lance une mélopée en choisissant un thème de la vie courante. Par exemple. Ma femme vient de tuer son coq.. ( “madam la touyé kok ay” ). lewozDSCN0473On sera plus tranquille  (ici, les coqs chantent la nuit!…). Les participants (“répondé”)  réagissent vite aux appels de celui qui raconte, et ce ,au moyen d’une phrase vocale, reprise en boucle par les chœurs. Et c’est parti!…. .

Très vite, le marké ( le marqueur ) va lancer le rythme sur un tambour à la peau plus tendue et plus claire, puis exécuter une sorte de solo  le plus souvent en syncope. Le son de son tambour va alors se dégager avec netteté et passer au dessus de celui des boulas, ces gros tambours qui tiennent la cadence avec leurs roulements graves et réguliers. Le soliste chanteur  va improviser. Le rythme va devenir de plus en plus  envoûtant. Les danseurs vont alors entrer au cœur de  lawonn ( la ronde ) formé par le public,  et danser en regardant le batteur.

A l’aide de ses pas, et d’une étonnante chorégraphie, le danseur va guider le tambouyé . L’osmose va vite se créer… On va assister à un échange vif et attractif entre les pas d’un danseur et la peau de cabri du markè. L’un va suivre l’autre, le guider aussi. ils vont se nourrir mutuellement de leur magnifique improvisation en entraînant leur entourage dans une ronde haletante.  Et il en sera de même… toute la nuit !…. en changeant les thèmes, les figures, les rythmes….

On a tendance à répertorier les différents types de danse de léwoz comme suit:

Le toumblack, le plus joyeux, le plus sensuel aussi. C’est la fête!…

Le graj exprime le travail souvent pénible;

Le Léwoz, c’est l’esprit du combat

Le Kaladja. C’est la tristesse, la souffrance… Le rythme est plutôt lent. On  joue parfois cette figure lors des obsèques.

Le Woulé. C’est le rythme du travail dans les champs de canne, la préparation du manioc;

Le mendé. On y exprime de la joie, et la danse est proche de celle du Carnaval;

La danseuse guide le Marké!

La danseuse guide le Marké!

Le padjambel . On cherche à extérioriser ici un sentiment de liberté.

Tout observateur ne peut s’empêcher  de faire le rapprochement avec beaucoup de musiques du monde  empreintes,  elles aussi,  de folklore souvent très ancien. Le blues rural bien sûr, avec le discours lancinant sur les malheurs et les joies de la vie, avec également  la répétition métrique et rythmique. Mais, ayant vécu à la Réunion, j’ai retrouvé dans le léwòz  l’esprit des kabars, des rencontres dans des lieux divers au cours desquelles on joue et chante le maloya autour du gros tambour, en évoquant les tracas quotidiens, voire les événements politiques, le plus souvent pour les tourner en dérision.

 

Encore une belle tradition de la Guadeloupe partagée par tous….

Le point de vue des vieux du Muppet show:

Les vieux du Muppet show– “ça t’a plu à toi cette soirée de léwoz?”

– “Ouais…J’ai même réussi à ne pas m’endormir!….. Ca tapait fort!”

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1 Commentaire

  1. Merci pour toutes ces infos . Ca donne envie d y etre

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