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Soufflet sous le vent

Jacques Davillars CD

Le CD de Jacques Davillars

Nous connaissons bien la Guadeloupe telle qu’elle apparaît sur les cartes postales, avec les cocotiers, les plages de sable blanc, les croisières vers les îles voisines…. Et puis, il y a une autre Guadeloupe, que l’on cite moins souvent, plus rurale, plus authentique, certainement plus belle, celle que l’on peut découvrir en s’aventurant notamment sur la côte sous le vent…. La route, pourtant élégante, serpente un peu, mais le point de vue sur la mer des Caraïbes est toujours superbe, avec partout une très belle végétation… Mais le plus intéressant encore, c’est de découvrir les coutumes locales.

Place aux femmes

Place aux femmes pour l’initiation (Photo © L. DeBompuis)

Dans les petits villages tout près de Bouillante ou de Vieux Habitants, on fait la fête comme antan lontan, par exemple en dansant les quadrilles, ces très anciennes danses européennes des siècles passés, dont certaines nous viennent (!) d’Autriche. Ces danses gracieuses et très variées,  ont franchi les océans et ont fait souche à Sainte Lucie, en République dominicaine, à la Désirade, à Marie Galante et puis sur le continent guadeloupéen.

Toutmoun participe!(Photo © L. DeBompuis)

Avec le temps, les musiciens ont adopté un autre savoir faire avec un nouveau rythme  où les percussions dominent. Mais les mélodies, les figures, les costumes ont traversé les décennies et revivent à chaque occasion. Dans les communes de la Martinique et de la Guadeloupe, on a privilégié le violon ou la clarinette. Quant à l’accordéon, il a occupé une place royale dans les campagnes pour jouer les quadrilles. La place importante de ces danses anciennes dans la tradition caraïbéenne a été relatée par Dominique Cyrille dans son très intéressant ouvrage “Alarèpriz, une étude des quadrilles de Guadeloupe” (éditions Nestor).

tambour diba (Photo © L. DeBompuis)

L’auteur explique de façon très complète comment la tradition des quadrilles a parfois rencontré des difficultés pour sa survie, surtout face au Gwoka, considéré par beaucoup comme la musique authentiquement guadeloupéenne. Les années ont passé sur ce “choc des cultures” et le quadrille, est à présent considéré comme faisant partie  entière du patrimoine caraïbéen. “Kadri Gwadloup sé tan nou!”

Ils sont venus , ils sont tous là!.... (photo: L. Debompuis)

Ils sont venus , ils sont tous là!…. (photo © L. Debompuis)

Une exposition au local de l’association  “trait d’union” à Vieux Habitants, a permis au public de s’informer sur l’ensemble de cette riche tradition. Cette heureuse et courageuse initiative revient aux associations locales très actives (“Rèpriz” “Ka-O-Ka”,”Viducasses”).  Les recherches effectuées par Evelyne Silbande ont permis de rassembler les souvenirs des anciens accordéonistes de la côte sous le vent.  Beaucoup, comme les nommés Barlagne, Sylvie et Olivier “Brunel” Abenzoar, Baltimore,  ont disparu. D’autres, comme Jacques Davillars, Francilius et Bourseau font encore survivre la belle tradition dans les bals et dans les antrénman (simples réunions de musiciens). Il faut aller les écouter!…. On peut regretter que la jeunesse ne prenne pas le relais. Au temps des tablettes vidéo, des clips, des slams, difficile en effet de recréer une mode “fun” autour des danses des grands parents et de l’accordéon!…..

Cette belle journée du 15 décembre a permis à Jacques Davillars, de faire revivre cette musique, qui plait tant aux danseurs, et ce, avec ses vieux copains qui ont ajusté leurs bretelles et actionné le soufflet avec vigueur. Quatre couples, avec leurs costumes traditionnels, ont dansé les quadrilles avec leur cérémonial, leur histoire, leur élégance, leurs tableaux (“le pantalon, l’été, la poule, et la pastourelle”).

Jacques Davillars accompagné par le tambour.

Jacques Davillars accompagné par le tambour.

Les amis étaient rassemblés autour de Jacques. Comptaient parmi les fidèles, le maire de la commune de Vieux Habitants Georges Clery, son homologue de Vieux Fort, puis  Felix Cotellon, président de “Rèpriz”, Emmanuel Belair , Jean Pierre Nicolas, président de “Ka-o-Ka”. Les musiciens Thierry Parise et Kathy Fagalde, mais aussi des membres de l’orchestre “tradition”, ont avec talent présenté et actionné l’accordéon (plusieurs instruments étaient exposés). Ils ont accompagné Jacques sur les bélés et les biguines. L’accordéon joué pour les quadrilles étaient donc à l’honneur. Ce fut une belle journée. Comme il en existe souvent sur la Kotsoulvan….

Bonnes fêtes de fin d’année à toutes et à tous!….

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1 Commentaire

  1. Que du bonheur ! Merci à tous les deux. Franck et Véro

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