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Le film noir

scarlet streetLe cinéma noir, c’est un peu comme le chocolat noir… C’est vraiment réservé aux spécialistes!…
Êtes-vous prêts à passer un moment avec moi, dans la noirceur des images, dans le monde du crime, de l’alcool, des ruelles sombres, des “femmes fatales”, des pires gangsters, des mecs paumés, des petites frappes de deuxième zone ? . Dans cet univers glauque, la peur, la jalousie, l’appât d’un gain fugace, la séduction insidieuse, sont autant d’ingrédients pour que la sauce prenne… On est alors loin des films avec des grands et beaux sentiments, comme la comédie musicale. On est plongés dans la torpeur… Et le cinéma noir aime cela… Il s’y complait même…..
C’est un cinéma étrange, qui semble inspiré depuis les années 40 par les livres romans noirs, vendus dans les gares, avec ces mêmes dessins en couverture, ces affiches suggestives, proches de la photo, mais plus explicites encore, qui donnent en une seule image (pas toujours de bon goût!), toute l’ambiance du drame qui se joue…
Étant déjà amateur de films américains des années 40 et 50, je suis particulièrement attiré par ce cinéma et je voulais vous faire partager cet engouement….
Il y aurait beaucoup à écrire sur le sujet, et sans mélanger les genres, il faut prendre garde de ne pas trop cloisonner le film noir qui se situe en fait dans un domaine très vaste.. En résumé, on peut dire que ce genre de cinéma a connu sa grande période après la deuxième guerre mondiale, et nous vient, il faut le reconnaître,  surtout des Etatsle faucon maltais unis. On a parlé ça et là de l’influence des expressionnistes allemands et des réalisateurs immigrés, chassés par le nazisme. C’est certainement vrai pour Fritz Lang, un maître du genre, qui a commencé à nous effrayer avec “M le maudit” (1931) et qui a récidivé avec “la rue rouge” -scarlett street– (1945)) ou encore l’excellent et très violent “règlement de comptes”-the big heat-(1953). Nous avons tous en mémoire le célèbre “faucon maltais” -the maltese faucon-(1941) de John Huston, où apparaît une des plus belles gueules du cinéma noir, je veux parler de Humphrey Bogart. On y est dans le dur!… d’autant que l’intriguant Peter Lorre (déjà “maudit”…), rôde sournoisement dans les parages.

Les thèmes de ces films abordent souvent le passé qui vous colle à la peau (“la griffe du passé” de Jacques Tourneur (1947)), la jalousie,la nuit, la ville, la femme fatale qui vous fait tourner la tête, le moment d’imprudence, la corruption, notamment de la police, le désir, la vengeance, l’ambition démesurée (“les forbans de la nuit”(1950)) de Jules Dassin, ou la violence.
Dans le film noir, comme pour la photo en noir et blanc, on va jouer sur l’éclairage, peindre avec la lumière. La plupart des films que je cite, sont en noir et blanc. Le directeur de la photographie, en osmose avec le scénariste et le metteur en scène, va faire en sorte que l’image pèse sur l’action autant que le texte ou le jeu des acteurs.. Les scènes sont le plus souvent en intérieur ou dans des rues sombres. Le réverbère, le chapeau, la superbe voiture, les robes moulantes, la larges par-dessus, les chambres d’hôtel, les grilles du commissariat, les quais, les entrepots, vont faire partie de la scène bien cadrée avec le visage à moitié caché des acteurs lesquels entrent et sortent de la pénombre, alors que la musique achève de conduire le spectateur vers l’inconnu. Chaque prise de vue, en clair-obscur, est souvent un chef d’œuvre. Alain Silver et James Ursini l’ont très bien démontré dans leur livre “les mille yeux du film noir” paru à New York en 1999 (éditions Köneman).Le crime était presque parfait
Le facteur sonne toujours deux foisTous ces films sont captivants…. Mes préférés ?… alors allons-y!…… “Le facteur sonne toujours deux fois” (1946) avec une autre gueule du “polarJohn Garfield, et la très troublante Lana Turner. J’adore aussi “Casablanca” (film de Michael Curtiz (1942) avec Bogart, Ingrid Bergman et la superbe mélodie de “as time goes by”. J’aime beaucoup “la grande évasion” (Raoul Walch (1941)) avec toujours Bogard et Ida Lupino, “l’ombre d’un doute” de Hitchcock (1942), “un si doux visage” -angel face-1952, de Otto Preminger,la nuit du chasseur” de Charles Laughton (1955) avec l’inquiétant faux pasteur Robert Mitchum. Le même Mitchum poursuit l’avocat Gregory Peck de sa vengeance dans “les nerfs à vifsCap Fear (1962), autre célèbre réalisation.
Beaucoup de films que j’ai du mal à placer dans les noirs, sont dus au talent d’Alfred Hitchcock. Je ne peux m’empêcher de penser à “Rebecca” (1940) aux “enchainés” (1946), , ” le crime était presque parfait” (1954) ou encore à “psychose” (1960). Mais je reviendrai un jour sur Hitchcock…. Ajoutons pour les autres réalisateurs, “Assurance sur la mort” (1944), “Gilda”(1946) ,”Laura” (1944) “Le grand sommeil” (1946), “les tueurs” (1946), “pour toi, j’ai tué” (1949) ,ou encore  “la soif du mal” (1958). Bien sûr, on peut inclure ici dans cette liste très incomplète, “citizen Kane” (1941) le chef d’œuvre d’Orson Welles qui nous a aussi offert le “criminel”en 1946.Le criminel Orson Wellesnuit du chasseur
Le cinéma noir a connu moins de succès à la fin des années 50. Il faut dire que ce genre de films, catalogués de série B, et projetés en première partie des grands films, ont été étouffés par les géantes productions (Ben Hur, Cleopatre etc…). La télévision leur a fait aussi du tort, car elle est devenue très concurrentielle avec des séries basées sur les mêmes concepts (la série d‘Hitchcock pour le petit écran, ou encore la série des “incorruptibles“, avec le célèbre Eliott Ness.
Plus récemment, des réalisateurs ont tenté des remake plus ou moins réussis. D’autres se sont inspirés de la technique du film noir dont ils étaient restés nostalgiques. On peut ainsi citer des films neo-noirs. (“Le privé” (1973) de Robert Altman, “Chinatown” (1974) de Roman Polanski ou encore “L.A confidential” (1997) de Curtis Hanson.
Impossible d’être exhaustif. Il existe des centaines de films noirs, tous excellents. Le cinéma étranger,  et notamment français,  n’est pas en reste. On pense à Jean Pierre Melville spécialiste du genre dans les années 60. Mais ici, nous entrons dans la catégorie des polars dans laquelle le film noir baignait déjà. Les films avec Jean Gabin, soit commissaire de police, soit chef de gang, mais aussi notre Lino Ventura national, sont souvent aussi bien réussis que les pellicules américaines. Citons “le clan des siciliens”,” mélodie en sous sol”, “touchez pas au grisbi”razzia sur la chnouf ou encore “razzia sur la chnoufMélodie en sous-sol“. D’autres plus intimistes comme “Marie Octobre” (1959 de Julien Duvivier) jouent davantage la carte noire avec une analyse troublante des personnages….

A très bientôt.

 
 
 
 
 
Les vieux du Muppet show

Commentaire des vieux du “muppet show”:
– tu connais toi, le cinéma noir?
– ouiais, tu me le joues à chaque fois quand tu rentres dans la loge!…..

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