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On parle de “Pour ou Contrebasse” de Pierre Boussaguet dans JazzHot

Félix W Sportis écrit une belle critique de “Pour ou Contrebasse” l’album solo de Pierre Boussaguet dans le numéro de décembre du magazine Jazz Hot.

Pour ou Contrebasse Album Solo de Pierre Boussaguet Jazz Hot décembre 2010Pierre Boussaguet
Pour ou ContreBasse
Allegro* (1-S. Bach Violin Sonata 11, BWV 1003), 88B, Smoke Gets in Your Eyes, Watch What Happens, The Fox, Bouss Lope, Cadence 1 & Allemande* (J-S. Bach Violin Partita II, BVIV 1004), Cadence 2 & Allemande* (1-S. Bach Violin Partita 11, BWV 1004), Ice Cream Blues, Corrente*
Bach Violin Partita Il, BWV 1004), Mother Land, Mission Impossible, Running Water, Walk That Bass*

Pierre Boussaguet, contrebasse solo Enregistré les 25, 26, 27* janvier 2010 et les 15-16 mars, Montreuil (France)
Durée : 46′ 15″
Bomk Works Bomk11001 (mail : bassboussaguet at yahoo.fr)
On connaît Pierre Boussaguet, considéré comme le fils spirituel de Ray Brown, en tant que contrebassiste idéal pour trio de jazz, au point d’en oublier le formidable musicien derrière l’instrumentiste toujours impeccable, remplissant son rôle de side-man avec une maîtrise et une perfection irréprochables.
Pour ou ContreBasse est le premier album personnel du contrebassiste : Pierre Boussaguet joue sa musique et celle qu’il entend chez les autres. Et les surprises arrivent, nombreuses : Bach, que chaque jour il travaille, avec lequel il a fini par entretenir une intimité aussi singulière que prodigieuse. Et puis il y a les autres rencontres : Michel Legrand, Lalo Schifrin, les standards… et ce que sa propre sensibilité en a restitué, ses compositions qui sont des évocations, des complicités, des rencontres musicales : Ron Carter dans « BBB », «Bouss Lope» l’empreinte de Pierre selon Ray Brown et… l’improviste «Walk That Bass » ou son contraire, la re-construction avec « Mother Land » et «Running Water ».
Pour ou ContreBasse n’est pas un vrai disque de jazz ; c’est un mélange d’univers aussi différents que surprenants, dont l’unité tient au ton, celui de la méditation, dont la cohérence concerne la matière en tant que sujet et objet à la fois. Se révèle alors au fur et à mesure la photographie de son être intérieur. L’intimité de Boussaguet comprend des partitas de Bach comme des indicatifs de Lalo Schifrin, des songs comme des compositions personnelles en référence à ses vécus.
En écoutant cet album, une réflexion du regretté Guy Lafitte m’est revenue à l’esprit : «Tu sais, me disait-il, la musique de ce côté des Pyrénées est quelque chose de grave ». Et c’est vrai. Cet album de Pierre Boussaguet est grave ; c’est la réflexion terrienne d’un musicien arrivé à la maturité sur sa propre musique, sa musique intérieure, qui chaque jour le nourrit et le soulève comme dans ses superbes compositions « Mother Land» ou «Running Water».
Le pari d’un album entier de 45 minutes en contrebasse solo était audacieux, et encore moins évident tant le risque était grand de lasser rapidement. Et pourtant, la matière, qui au premier abord apparaissait ardue voire austère, aux limites de l’insupportable, devient peu à peu familière et prégnante au point de se métamorphoser en une sorte de relation indispensable. Il y a dans cet exercice de redécouverte de soi quelque chose qui évoque la démarche de Pablo Casals laissant à l’instrument le temps d’écouler ses bruits.
Félix W Sportis

Pour se procurer “Pour ou Contrebasse” de Pierre Boussaguet :
bassboussaguet -at- yahoo.fr, distribution 2Mc éditions sur cette page.

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