Dorico 6.2 : nouveautés et avis sur la mise à jour
Dorico 6.2 est disponible aujourd’hui. Cette nouvelle mise à jour gratuite améliore les reprises, la tablature guitare, les harmoniques et de nombreux détails de gravure. Sur le Jipiblog, retour clair et sans poudre aux yeux sur une version discrète, mais très utile pour les utilisateurs réguliers de Dorico.
Dorico 6.2 est disponible : une mise à jour très utile sans oublier les guitaristes
Dorico 6.2 est sorti aujourd’hui, en mise à jour gratuite pour Dorico Pro 6, Dorico Elements 6 et Dorico SE 6. La version iPad doit suivre après validation par Apple. Steinberg la présente comme une mise à jour importante, centrée sur la notation, avec des avancées sur les reprises, la tablature guitare, les harmoniques, la gravure et plusieurs améliorations de flux de travail, auxquelles s’ajoutent plus de 70 correctifs.
Une mise à jour moins spectaculaire que Dorico 6, mais très bien pensée
Il y a des mises à jour qui font du bruit. Et il y a celles qui travaillent vraiment la partition. Dorico 6.2 appartient clairement à la seconde catégorie. Ce n’est pas la version qui cherche à épater avec un grand effet de manche. C’est plutôt une version qui met les mains dans les détails qui comptent quand on grave tous les jours.
En clair, Steinberg n’a pas sorti un feu d’artifice marketing. L’équipe a préféré consolider des zones où Dorico était déjà fort, mais encore perfectible. Et pour les utilisateurs réguliers, c’est souvent là que se trouve la vraie valeur.
Les reprises enfin mieux gérées
Le gros morceau de cette mise à jour concerne les reprises. Dorico 6.2 peut désormais afficher des clefs, armures et indications de mesure d’avertissement ou de rappel au niveau des barres de reprise, des fins de reprise et des sauts. C’est exactement le genre de détail qui peut éviter une lecture bancale au mauvais moment, donc une répétition qui grimace et un musicien qui te regarde comme si tu avais saboté sa matinée.
Steinberg précise aussi que ces éléments sont activés par défaut dans les nouveaux projets. En revanche, pour les projets existants, il faut ajuster le suivi des clefs, armures et mesures dans les structures de reprise pour préserver l’apparence ancienne des fichiers. C’est un choix logique. Personne n’a envie d’ouvrir un ancien conducteur et de découvrir que la mise en page a décidé de prendre son indépendance.
Autre amélioration bienvenue, Dorico permet maintenant de choisir plus finement la position des changements d’armure et de mesure lorsqu’ils coïncident avec des barres de reprise. C’était une demande ancienne, et on comprend pourquoi. Sur ce terrain, la lisibilité n’est jamais un détail.
Une vraie avancée pour la guitare en tablature
L’autre chantier majeur de Dorico 6.2 concerne la tablature guitare. Steinberg indique avoir renforcé la prise en charge d’une notation de style européen, en plus des conventions déjà bien installées côté américain. Cela inclut notamment les bends écrits en liaison dans la portée, les indications BU et BD en tablature, certaines notations de tapping, les vibratos de type scoop, les harmoniques et les notes liées entre crochets.
C’est loin d’être anecdotique. La tablature n’est pas un petit monde simple et paisible où tout le monde s’accorde. C’est un territoire où coexistent plusieurs traditions éditoriales. Dorico 6.2 essaie clairement de mieux répondre à cette diversité, en particulier pour les usages européens et pédagogiques. Steinberg va même jusqu’à souligner que Rock School utilisera Dorico pour publier une version mise à jour de son syllabus guitare dans les prochaines années. Ce n’est pas une preuve mathématique absolue, mais c’est quand même un sérieux vote de confiance.
Pour les éditeurs, enseignants et graveurs qui travaillent sur des méthodes, des relevés ou des supports pédagogiques, cette évolution peut faire gagner du temps et éviter des bricolages manuels. Et ça, dans un logiciel de notation, c’est presque une forme de poésie.
Les harmoniques continuent de progresser
Dorico 6.1 avait déjà apporté de belles choses sur les harmoniques. La version 6.2 poursuit dans cette direction. Steinberg ajoute de nouvelles options pour les harmoniques naturelles et artificielles sur les instruments à cordes, avec la possibilité d’afficher plusieurs hauteurs à la fois selon le besoin : la corde à vide, la note touchée ou arrêtée, et la hauteur réelle produite. Il devient aussi possible de créer plus vite des harmoniques via le popover Shift+P avec une syntaxe dédiée.
Là encore, ce n’est pas qu’un gadget. Pour certaines écritures contemporaines, pédagogiques ou très précises, ces raffinements comptent vraiment. Dorico se rapproche de plus en plus d’un comportement de graveur consciencieux plutôt que d’un simple logiciel qui aligne des symboles. Et ça change beaucoup de choses.
Des améliorations de gravure qui sentent le travail réel
Au-delà des deux grandes vedettes que sont les reprises et la tablature, Dorico 6.2 ajoute plusieurs améliorations de gravure. Steinberg cite notamment de nouvelles options pour l’épaisseur des ligatures et l’écart entre elles, plus de contrôle sur l’apparence des changements de pédales de harpe avec noms de notes, la possibilité d’effacer l’arrière-plan des doigtés hors portée, de masquer des points de prolongation rythmiques, d’ajuster la position horizontale de certaines hampes partagées, ou encore de définir séparément l’encadrement de différentes séries de repères de répétition.
Dorico 6.2 améliore aussi plusieurs polices intégrées, un point discret mais loin d’être anodin pour l’aspect final des partitions. Côté polices de texte, Splentino passe en version 1.2 avec de meilleurs caractères diacrités et une nouvelle graisse bold condensed, tandis que Nepomuk est mise à jour en version 2.7 avec des améliorations de métadonnées et de crénage. Côté polices musicales, Sebastian 1.3 corrige le positionnement des liaisons contre certaines hampes montantes, et Golden Age 1.6 améliore ses têtes de notes de slash rythmique. Bref, encore un exemple du soin apporté par Dorico 6.2 aux détails de gravure qui finissent par compter beaucoup au quotidien.
Ce sont des détails, oui. Mais en gravure musicale, les détails sont le métier. Une amélioration minuscule répétée cent fois dans une semaine finit par devenir une vraie différence. C’est la vieille loi des logiciels de notation : ce qui paraît minuscule dans la note de version devient énorme quand tu l’utilises sur cinquante pages.
Un peu de confort en plus dans le travail quotidien
Dorico 6.2 apporte aussi quelques améliorations de confort. Une nouvelle option permet de privilégier la sélection des têtes de notes à faible zoom, au lieu de donner davantage de poids aux hampes et aux ligatures. Ceux qui ont déjà pesté en essayant de cliquer sur une note précise dans un accord un peu serré verront immédiatement l’intérêt. Ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est typiquement le genre de petite chose qui évite de marmonner des mots peu élégants devant l’écran.
Côté lecture audio, le modèle Auto playback template progresse encore. Dorico utilise désormais automatiquement le piano Etude Grand Piano complet s’il est installé, et la Navia Harp Free si elle est disponible. Le logiciel peut aussi proposer d’appliquer automatiquement ce modèle à des projets plus anciens utilisant d’anciens templates d’usine.
Plus de 70 corrections de bugs, et ce n’est pas du luxe
Steinberg indique que Dorico 6.2 comprend plus de 70 corrections de bugs touchant Dorico 6.1 et des versions antérieures. Ce n’est pas la partie la plus sexy d’une annonce, mais c’est souvent la plus rentable pour l’utilisateur. Un logiciel de notation vit autant de ses nouvelles fonctions que de sa stabilité. Un correctif qui évite une anomalie sur un projet complexe vaut parfois plus qu’une nouveauté brillante dont on ne se servira que deux fois par an.
Mon avis sur Dorico 6.2
À mes yeux, Dorico 6.2 est une très bonne mise à jour. Pas parce qu’elle fait grand spectacle. Justement parce qu’elle ne cherche pas à faire semblant. Elle améliore des zones concrètes, parfois techniques, parfois discrètes, mais très utiles pour ceux qui produisent de vraies partitions.
Les utilisateurs de guitare et de tablature ont de quoi se réjouir. Ceux qui manipulent des reprises complexes aussi. Et les graveurs attentifs verront passer pas mal de petites améliorations intelligentes un peu partout. Bref, ce n’est pas une version de parade. C’est une version d’atelier. Et dans ce domaine, c’est souvent meilleur signe.
Steinberg précise déjà qu’au moins une autre petite mise à jour de Dorico 6 est encore prévue, tandis que l’attention de l’équipe se tourne désormais en grande partie vers la prochaine version majeure. Autrement dit, la machine continue d’avancer. Et à ce rythme, Dorico confirme encore une fois qu’il ne se contente pas d’être moderne. Il essaie aussi d’être de plus en plus précis. Ce qui, pour un logiciel de gravure, est tout de même une qualité assez bien vue.
Voir l’annonce en anglais sur le blog de Dorico







