Sibelius au NAMM 2026 : discours solide, nouveautés absentes
Après l’interview d’Avid au NAMM 2026 publiée par Scoring Notes, une impression domine. Beaucoup de vision autour de Sibelius, mais toujours aucune nouveauté visible à l’horizon.
Sibelius au NAMM 2026
Cette réflexion fait suite à la lecture attentive de l’interview publiée sur le site Scoring Notes, réalisée à l’occasion du NAMM Show 2026 avec Sam Butler et Joe Plazak d’Avid.
Un entretien long, posé, structuré, qui expose clairement la méthode et la vision autour de Sibelius. Mais plus la lecture avance, plus une impression s’installe. Celle d’un discours très maîtrisé, riche en intentions, mais étonnamment pauvre en annonces concrètes.
Une communication très bien huilée
Tout dans cet entretien respire la cohérence. Avid met en avant une cadence régulière de mises à jour, une modernisation progressive du code et une écoute attentive des utilisateurs. L’éditeur affirme aussi sa volonté de rendre Sibelius plus lisible et plus accessible, sans jamais remettre en cause sa stabilité.
Pris séparément, chaque argument est recevable. Pris dans leur ensemble, ils forment surtout un récit parfaitement rodé. Celui d’un logiciel qui avance lentement, prudemment, méthodiquement. Peut-être trop prudemment.
Sibelius, des mises à jour fréquentes, mais peu lisibles
Avid met en avant un rythme soutenu de publications. Les fonctionnalités sortent quand elles sont prêtes. Les correctifs arrivent rapidement. Parfois une mise à jour ne contient qu’un seul fix critique. Cette agilité est présentée comme une force.
Pour l’utilisateur, le ressenti est plus nuancé. À force de versions mineures et de raffinements discrets, il devient difficile d’identifier ce qui change réellement. Où sont les évolutions visibles ? Celles que l’on perçoit immédiatement en ouvrant une partition, sans lire les notes de version.
L’amélioration des workflows de Sibelius comme horizon permanent
Joe Plazak explique que les priorités viennent des retours utilisateurs. Trop de clics. Des actions répétitives. Des frictions dans certains usages. Le travail consiste à regrouper ces demandes pour en extraire des améliorations transversales.
Le raisonnement est solide. Mais dans cet entretien, il reste théorique. Aucun exemple marquant n’est réellement détaillé. Aucun avant après précis n’est mis en avant. On comprend la méthode. On peine à en mesurer l’impact concret.
À ce stade, la question se pose. L’optimisation continue peut-elle remplacer une vision fonctionnelle clairement identifiable ?
IA, automatisation : beaucoup de prudence, peu de substance
L’intelligence artificielle est évoquée avec précaution. Avid parle d’assistance, d’outils discrets, de soutien aux tâches répétitives. Le discours se veut rassurant. Il évite soigneusement toute promesse excessive.
Mais il reste flou. Aucun usage précis n’est décrit. Aucun calendrier n’est évoqué. L’IA apparaît davantage comme un concept à surveiller que comme un axe de développement tangible.
Stabilité ou immobilisme ?
Avid insiste sur la stabilité de Sibelius et sur la confiance des professionnels. C’est un argument fort. Mais à trop vouloir rassurer, le risque est réel. Celui de donner l’image d’un logiciel qui se contente d’exister, sans chercher à surprendre ni à se réinventer.
Le concept de « decondensing », déjà ancien, est encore au cœur du discours en 2026. Cela en dit long. Non pas sur son importance, mais sur le manque de nouvelles idées structurantes à mettre en avant aujourd’hui.
Conclusion : une interview qui rassure, mais ne convainc pas
L’entretien publié par Scoring Notes au NAMM 2026 éclaire parfaitement la stratégie d’Avid. Il explique la méthode. Il détaille les intentions. Il rassure sur l’engagement à long terme autour de Sibelius.
Mais il laisse aussi un vide. Celui de l’annonce attendue. De la nouveauté identifiable. De la fonctionnalité qui fait dire « enfin ». En 2026, Sibelius semble surtout avancer dans le discours. Reste à savoir combien de temps encore cette stratégie pourra suffire sans évolution réellement visible pour les utilisateurs.






