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l’aventure de Black and Blue

La revue Jazzmag,  dans sa livraison de juin, nous offre un Focus sur “Black and blueun label bien ancré“. Franck Bergerot a pris soin de rappeler que l’histoire de cette maison d’édition a commencé il y a cinquante ans.

Et si j’ai tenu à rédiger un billet sur cette belle aventure, et surtout avec une vision Vintage, c’est que nous sommes un certain nombre à l’avoir connue et même y avoir participé durant des années heureuses (années 60, 70 et 80). Car Jean- Marie Monestier,  producteur bordelais et passionné avec ses amis Jean Pierre Tahmazian et plus tard, Jean Pierre Vignola et Didier Tricard,  avait eu la riche idée d’inviter en France les grandes vedettes du jazz américain encore en moindre activité,  mais qui avaient été peut- être oubliées. Et pourtant, ils étaient là les grands noms du jazz encore en pleine forme !.  Une explication parmi tant d’autres de l’oubli: Leur histoire et leur culture plutôt mainstream qui n’étaient plus en vogue dans les medias ou penseurs spécialisés qui faisaient (et font toujours) le jazz. Les hot clubs , les “petits” festivals” furent vite intéressés. Et, pour notre grand bonheur,  les tournées furent organisées et les disques (à cette époque des vinyles), sortirent régulièrement.

KODAK Digital Still Camera

Il faut dire, car nous l’avons connu,  que ces tournées se faisaient à moindre frais et avec les moyens du bord. Les musiciens étaient trimballés dans la fameuse camionnette de Monestier. Et lorsque le convoi arrivait à Biarritz ou à Bayonne, nous étions là,  ceux de la côte basque, a transbahuter l’orgue Hammond, les éléments de batterie, la sono (énorme!). Nous étions, nous vivions,   avec les musiciens,  les conduisant dans leurs hôtels ou dans les restaurants de la ville. Que d’aventures que pourraient raconter mieux que moi Dominique Burucoa, ou le regretté Jean Paul Decourchelle. A titre personnel, je me souviens d’avoir à une heure très tardive,  raccompagné Arnett Cobb dans..ma deux chevaux et de l’avoir pratiquement mis au lit à l’hôtel!. Je me souviens aussi de deux voyages avec  le saxophoniste Candy Johnson qui était attendu avec les frères Myers au “Ku” en haut du Monte Igueldo à Saint Sébastien. Toujours avec ma deuch!. Mais quel bonheur de côtoyer ces grands du jazz en essayant d’échanger quelques mots (ah la barrière des langues !…). Mais l’amitié, les regards complices, la musique n’ont pas de frontières.

Les souvenirs sont nombreux. Pratiquement tous ces musiciens ont disparu. Restent leurs disques magnifiques, les enregistrements à deux pistes ayant été réalisés par des orfèvres du son. Une grande simplicité de moyens, mais un résultat d’une grande efficacité. Je me demande si on fait mieux depuis.

Par la suite, après une participation de la maison Barclay, Jean-Marc Fritz et Jean-Michel Proust ont repris tous ces trésors , et les ont numérisés avec soin (“the definitive Black and blue sessions”) . L’aventure de la firme a continué et actuellement beaucoup de musiciens français y font leurs premiers pas, ou gravent leurs chef d’œuvre.

La collection est impressionnante d’autant que le blues, le vrai, celui  de Chicago,  a eu largement droit de cité. Pour le jazz proprement dit, l’animateur principal fut l’organiste et pianiste Milt Buckner qui a enregistré en France ses plus beaux disques. Mais comment oublier Les saxophonistes Illinois Jacquet, Arnett Cobb, Eddie Lockjaws Davis,  Budd Johnson, Buddy Tate, Sonny Stitt, Louis Jordan,  Eddie Vinson, les français Guy Lafitte et Gerard Badini, les trompettistes Harry Edison, Sy Oliver, Charlie Shavers, Bill Coleman, les pianistes Teddy Wilson, Earl Hines, Johnny Guarnieri, Jay McShann, Hank Jones, Roland Hanna, Ray Bryant, André Persiani,les organistes Will Bill Davis et Bill Dogett, les guitaristes Al Casey, Floyd Smith, Tiny Grimes, Billy Butler, Jimmy Shirley,  les bassistes Slam Stewart, Major Holley, Georges Duvivier, et  le frenchbass Roland Lobligeois, les batteurs Jo Jones, Fred Below, Mike Silva,  et Oliver Jackson , le vibraphoniste Lionel Hampton, les chanteuses Helen Humes, et Carrie Smith. Et j’en oublie…

Très joyeux anniversaire “Black and blue”!

 

Et à tous , excellentes vacances!

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