Souvenirs souvenirs. Johnny

On a tous dans le cœur quelque chose de Johnny. Moi du moins. Question de génération peut- être,  souvenirs d’ados plutôt (j’avais 15 ans en 1962, année des premiers succès de l’artiste). Je l’avoue, j’aimais bien Johnny. Mais, surtout celui des débuts, dans les années 60 , avec ce brin de tendresse, avant la fureur des années 70.

Je commence par un curiosité. Je n’ai jamais acheté un disque de Johnny!!!. Il y en avait tellement partout, dans la chambre de ma grande sœur, ou celle de mon cher voisin Eric Ossau, ou encore dans les boums “menthe à l’eau”. On voyait partout ces pochettes de 45 tours avec un Johnny tout propre, bien coiffé, parfois cravaté. Il plaisait encore à nos mères qui supervisaient nos rencontres yé yé de jour dans le garage de nos maisons. Moi j’aimais bien “retiens la nuit”, “l’idole des jeunes”, “le pénitencier”. Ces premiers succès apaisés, rivalisaient avec le “Sag Warum” pour nous souffler dans le cou au cours des slows qui nous faisaient chavirer.

Pourtant, le feu couvait sous la cendre. Je me souviens d’un camarade de l’école Notre Dame, rue Douer à Bayonne qui,  dès 1959, imitait dans la cour Vince Taylor,  qui se déhanchait avec son blouson de cuir et ses chaines. Je n’étais pas mordu par cette nouvelle musique un peu trop agitée. J’étais déjà happé par le jazz, cette musique exigeante,  qui est parfois fâchée avec ses cousines. J’aimais beaucoup Ray Charles et le “rythm and blues.”; Tout vient de là, tout vient du blues…

En France,  tous les jeunes avaient envie de bouger davantage,  quand le seul Gilbert Becaud semblait vouloir casser les pianos. Jean Philippe Smet avait choisi un nom plutôt amerloque. Elvis Presley y était aussi pour beaucoup. Elvis,  qui lui aussi adorait les chansons tendres.

Je n’étais pas aux arènes de Bayonne pour la venue historique de Johnny. Un concert au cinéma Pax avec Buddy Tate, Milt Buckner et Jo Jones avait certainement eu ma préférence. J’étais captivé par le jazz qui avait pris toute la place.  Les tubes de Johnny dès lors, ce sont plutôt les “souvenirs souvenirs” d’une période douce, au cours de laquelle on déambulait devant le bar du théâtre pour avoir la chance parfois de boire une grenadine avec une toute jeune bayonnaise. 

C’était mon hommage à Johnny.

 

 

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