Jazz en mars à Tarnos : ce que j’aime, et ce qui pourrait évoluer

La programmation de Jazz en mars 2026 vient d’être dévoilée. Comme chaque année, c’est un moment que j’attends avec curiosité. Non pas pour cocher des cases ou comparer des têtes d’affiche, mais pour voir comment un festival que je connais bien continue d’écrire son histoire. C’est ce programme fraîchement sorti qui me donne aujourd’hui le prétexte d’un billet un peu différent, moins informatif que réflexif, entre plaisir retrouvé et questions assumées.

Ambiance jazz club avec un quartet de jazz

Chaque mois de mars, je sais à quoi m’attendre à Tarnos. Jazz en mars revient, et avec lui cette ambiance familière, presque rassurante. Une salle pleine, un public fidèle, une musique qui ne cherche pas à surprendre mais à bien faire. Le festival est devenu un rendez-vous, au sens le plus noble du terme.

J’y vais toujours avec plaisir. Parce que le swing, quand il est bien joué, reste une valeur sûre. Parce que le jazz, dans sa forme la plus lisible, continue de parler à beaucoup de monde. À Tarnos, on aime le son acoustique, les formations classiques, les musiciens qui connaissent la tradition et la respectent. Et franchement, ça s’entend.

Cette édition 2026 ne déroge pas à la règle. On y croise des projets très ancrés dans le swing, le jazz vocal, le trio, le quartet. Des musiciens solides, parfois brillants. James Morrison, par exemple, incarne parfaitement ce jazz virtuose et généreux qui traverse les styles sans jamais perdre le public. On retrouve aussi cette esthétique straight ahead qui fait le cœur du festival depuis des années.

Tout est cohérent. Peut-être même un peu trop.

Je ne peux pas m’empêcher de me poser la question. Le jazz n’a jamais été une musique confortable. Il a toujours avancé en frottant, en dérangeant parfois, en prenant le risque de perdre une partie de son public pour en gagner un autre. Or Jazz en mars semble aujourd’hui privilégier la fidélité à la surprise.

Je comprends ce choix. Il fonctionne. Le public de Tarnos s’y reconnaît. Mais je me demande souvent ce que donnerait une programmation qui oserait un peu plus. Pas pour faire moderne à tout prix, pas pour céder aux tendances, mais pour refléter ce que le jazz est devenu aujourd’hui. Multiple, hybride, parfois déroutant, souvent passionnant.

Bousculer un peu le public habituel ne serait pas une trahison. Ce serait peut-être un signe de confiance. Confiance dans l’intelligence des auditeurs. Confiance dans la curiosité. Confiance dans le fait que le jazz peut encore surprendre, même là où il est installé depuis longtemps.

Cela n’enlève rien à l’attachement que j’ai pour ce festival. Jazz en mars reste un événement précieux, à taille humaine, sincère, porté par une vraie passion musicale. Mais comme toute belle histoire, il mérite sans doute d’être relancée de temps en temps, ne serait-ce que par un pas de côté.

À Tarnos, en mars, le jazz swingue. Et c’est très bien. J’aimerais simplement qu’il accepte, parfois, de perdre un peu l’équilibre. Le jazz est aussi fait pour ça.

 

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