#MeTooJazz : Le Jazz Français Brise l’Omerta
#MeTooJazz : Le Monde du Jazz Français Brise l’Omerta avec la Lettre « No More »
Le silence assourdissant qui planait sur le jazz français vient d’être brisé par une onde de choc puissante et nécessaire. Alors que le mouvement mondial #MeToo a mis des années à infuser pleinement dans ce milieu réputé pour sa liberté créative, l’étincelle vient de jaillir. Une lettre ouverte, sobrement intitulée « No More », catalyse aujourd’hui la colère et l’espoir d’un secteur décidé à faire face à ses démons. Ce mouvement, désormais connu sous le hashtag #MeTooJazz France, marque un tournant historique, forçant une introspection collective sur les violences sexistes et sexuelles (VSST) trop longtemps tues.
L’Affaire Qui a Mis le Feu aux Poudres
Comme souvent, c’est un événement judiciaire qui a servi de détonateur. Une procédure est actuellement en cours contre une figure notoire de la scène jazz française pour des faits graves à caractère sexuel impliquant des mineur·e·s. Si le nom de l’accusé n’est pas publiquement cité dans le manifeste — respect de la présomption d’innocence oblige — sa notoriété est un secret de polichinelle dans le microcosme du jazz. Cette affaire, loin d’être un cas isolé, a été la goutte d’eau qui a fait déborder un vase rempli de frustrations, de non-dits et de souffrances accumulées au fil des décennies.
La lettre ouverte souligne que ces agissements ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Elle dénonce une culture systémique où les « propos déplacés, comportements insistants, abus de pouvoir, gestes inappropriés » étaient trop souvent « minimisés, relativisés », voire ignorés au nom d’une prétendue « vie artistique » qui excuserait tout. L’omerta, ce pacte du silence, a vécu.
« No More » : Un Manifeste pour la Dignité et le Respect
Publiée symboliquement le 8 mars 2026, Journée internationale des droits des femmes, la tribune « No More » est un cri du cœur collectif. Diffusée sur des plateformes médiatiques influentes comme Citizen Jazz, Mediapart et Pannonica, elle a rapidement gagné en visibilité et en soutien. Le texte est sans équivoque dans sa formulation et dans ses exigences.
« Aujourd’hui, nous affirmons fermement que les violences sexistes et sexuelles ne sont ni des ‘excès’ ni des ‘débordements’ inhérents à la vie artistique. Ce sont des faits graves qui détruisent des vies, des vocations, des santés et qu’aucune œuvre, aucun talent, aucune notoriété ne saurait relativiser. »
— Extrait de la lettre ouverte « No More », mars 2026
Le Rôle Central du Collectif « Collectives »
Au cœur de cette initiative se trouve le collectif Collectives. La lettre ouverte le désigne comme le point de contact principal pour toute personne victime ou témoin de VSST dans le milieu musical. En fournissant une adresse mail sécurisée (collectives@protonmail.com), le mouvement offre un espace de parole protégé, essentiel pour que les voix puissent se libérer sans crainte de représailles. Ce collectif s’inscrit dans la lignée d’initiatives internationales comme WeHaveVoice aux États-Unis, montrant que la lutte contre le sexisme dans le jazz est un combat global qui ne connaît pas de frontières géographiques.
Des Signataires de Premier Plan : Tout le Jazz Français se Mobilise
La force du mouvement #MeTooJazz France réside aussi dans l’ampleur et la diversité de ses signataires. La liste initiale, publiée avec la lettre, ressemble à un véritable who’s who de la scène jazz française. On y retrouve des légendes vivantes, des figures de la nouvelle génération, des directeurs de festivals prestigieux, des journalistes reconnus et des responsables de salles de concert emblématiques. Cette mobilisation transversale est en elle-même un signal fort : il ne s’agit pas d’un mouvement marginal ou d’une fronde minoritaire, mais d’une prise de position majoritaire au sein du secteur.
Quelques signataires :
Musiciens : Henri Texier, Anne Paceo, Thomas Dutronc, Airelle Besson, Sandra Nkaké, Arnaud Dolmen, Naïssam Jalal, Thomas de Pourquery, China Moses, Leila Olivesi
Pour les médias : Alex Dutilh (France Musique), Nathalie Piolé (France Musique), Sébastien Vidal (TSF Jazz), Marjolaine Portier-Kaltenbach (FIP)
Pour les festivals : Victoria Larrain (L’Astrada Marciac), Hugues Kieffer (Marseille Jazz), Denis Le Bas (Jazz sous les pommiers)
Directions de salles : Stéphane Portet (Sunset & Sunside), direction du Duc des Lombards
Rédacteurs de presse : Louis-Julien Nicolaou (Télérama), Alice Leclercq (Jazz News)
La liste complète, qui compte désormais plusieurs centaines de signataires et continue de s’allonger, est consultable dans le document officiel de la lettre. Elle est classée par ordre alphabétique et couvre l’intégralité de la chaîne professionnelle du jazz : de la création à la diffusion, en passant par l’enseignement, la production et la communication. Cette représentativité est précisément ce qui donne au mouvement sa légitimité et son poids.
Comment Agir ? Signer la Lettre et Soutenir le Mouvement
Vous êtes un professionnel du monde du jazz et souhaitez joindre votre voix à ce mouvement ? La démarche pour signer la lettre ouverte est centralisée via un document officiel. Il ne s’agit pas d’une pétition classique sur une plateforme grand public, mais d’un processus qui garantit que les signataires sont bien issus du milieu concerné, ce qui renforce la crédibilité et la portée du texte.
La Procédure pour Signer la Lettre « No More »
1. Accédez au document officiel : Le registre des signataires est un Google Doc accessible publiquement à cette adresse : No More
2. Trouvez le lien de signature : Rendez-vous à la toute fin du document (page 13). Vous y trouverez la phrase suivante en anglais : « If you would also like to sign this letter, you can do so here. »
3. Cliquez sur le mot « here » : Ce mot contient un lien hypertexte qui vous redirigera vers le formulaire de signature officiel.
Pour les personnes ayant besoin de parler, de témoigner ou de signaler des faits, le contact direct reste l’adresse mail sécurisée du collectif : collectives@protonmail.com. La confidentialité des échanges est garantie par l’utilisation de ProtonMail, un service de messagerie chiffré de bout en bout.
Où Lire la Lettre et les Réactions dans la Presse ?
La couverture médiatique du mouvement #MeTooJazz France a été rapide et significative. Les principaux médias spécialisés se sont emparés du sujet dès la publication de la lettre, et la presse généraliste a suivi. Voici les principales sources pour lire la lettre et les analyses qui l’accompagnent :
Dans les médias
Citizen Jazz | TSF Jazz | France Musique | Franceinfo | Mediapart | Pannonica | Document officiel (signataires) |
Le Jazz Face à son Reflet
Le mouvement #MeTooJazz France est bien plus qu’une simple réaction épidermique à une affaire judiciaire. C’est le symptôme d’une prise de conscience profonde et, espérons-le, durable. Le jazz, musique de l’instant, de la liberté et de l’expression personnelle, ne pouvait plus se permettre de rester une zone de non-droit où le talent servirait de bouclier à des comportements prédateurs. Si l’improvisation est son essence, le respect et la sécurité doivent en devenir la structure fondamentale.
La lettre « No More » n’est pas une fin en soi. Elle est le début d’un processus long et difficile, qui exigera des actes concrets de la part des institutions, des employeurs et des programmateurs. Les signataires le savent et le disent explicitement : ils seront attentifs aux suites données à leurs appels. La partition est en train d’être réécrite, et il appartient désormais à toute la communauté du jazz de la jouer à l’unisson, sans fausse note ni silence complice.






