La surveillance numérique se met en place
L’âge n’est qu’un prétexte : vers une surveillance totale de l’Internet
Certes, protéger les enfants est nécessaire. C’est l’argument répété en boucle. Cependant derrière cette intention légitime, une autre réalité se dessine. En imposant partout des dispositifs de vérification d’âge, les gouvernements instaurent progressivement un Internet surveillé, tracé, filtré. La porte ouverte à une surveillance généralisée.
Cette évolution n’est pas une simple question technique. C’est une rupture historique.
Tout commence par une bonne intention…
Difficile de contester le besoin de protéger les mineurs des contenus violents ou pornographiques. La loi, en France comme ailleurs, impose désormais aux plateformes d’empêcher les jeunes d’y accéder. Et pour cela, une solution semble s’imposer partout : vérifier l’âge des internautes.
Cependant, pour vérifier l’âge, il faut identifier.
Et pour identifier, il faut collecter des données personnelles, les croiser, les conserver, les valider.
Autrement dit : surveiller.

Royaume-Uni : la légalité de la surveillance est déjà actée
Avec l’Online Safety Act, le Royaume-Uni impose depuis 2024 la vérification obligatoire de l’âge pour tout site susceptible de nuire aux mineurs. Cela ne se limite pas aux sites X : des forums, jeux en ligne ou plateformes vidéo sont aussi concernés.
Les sanctions sont lourdes : jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial.
Résultat ? Les plateformes déploient des systèmes de contrôle sophistiqués :
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Scans de passeport ou de permis
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Reconnaissance faciale automatisée
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Comptes bancaires comme preuve d’âge
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Recours à des « tiers de confiance » numériques
La conséquence est immédiate : chaque connexion devient une interaction identifiée.
En Australie, le cap de la surveillance est franchi
De son côté l’Australie teste depuis 2024 un système centralisé de vérification d’âge fondé sur la biométrie et l’identité numérique nationale. À travers le service MyGovID, l’État envisage une connexion unique à tous les services sensibles.
Plus besoin de pseudonyme : l’accès est conditionné à un visage reconnu, un identifiant validé, un historique vérifié.
Ici, l’enjeu dépasse la simple question de l’âge. C’est toute la structure d’un Internet contrôlé qui se met en place.
Quant à la France, elle suit le mouvement, lentement mais sûrement
En France, l’Arcom pousse depuis 2023 à une « vérification robuste » de l’âge pour les sites pornographiques. La nouveauté, c’est que cette exigence pourrait bientôt s’étendre à d’autres domaines : jeux, streaming, forums, réseaux.
Les solutions envisagées :
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Tiers de confiance certifiés
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Utilisation de FranceConnect+
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API anonymes, mais sous contrôle étatique
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Intégration future à une identité numérique restreinte, pilotée par l’État
La logique est déjà en place. Seul le périmètre reste encore flou.

Une pente glissante, techniquement irréversible
Dès lors qu’un État impose une vérification d’âge, il crée un précédent : le droit de demander une identification à chaque accès.
Ce droit technique, une fois instauré, peut être élargi. Et il le sera.
Aujourd’hui, l’âge.
À terme, demain :
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L’origine géographique
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Le statut vaccinal
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Les opinions exprimées
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L’historique de navigation
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Le score comportemental
La vérification devient l’infrastructure de la surveillance.
Elle prépare un monde numérique où chaque utilisateur est connu, localisé, classé.
L’anonymat : bientôt considéré comme suspect
Dans ce futur proche, l’anonyme deviendra l’anormal.
Ne pas prouver son âge ? Suspect.
Refuser de s’identifier ? Problématique.
Naviguer via un VPN ou Tor ? À surveiller.
Peu à peu, ce qui était un droit devient une exception.
Et ce qui était un espace de liberté devient un couloir de sécurité.
Et pourtant, d’autres solutions existent
Pour autant, il ne s’agit pas de renoncer à la protection des mineurs.
Mais pourquoi tout faire reposer sur l’identification permanente des internautes ?
Pourquoi ne pas :
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Éduquer, plutôt que fliquer ?
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Impliquer les parents, plutôt que tracer les enfants ?
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Développer des contrôles locaux, familiaux, ou pédagogiques ?
Parce que la surveillance centralisée sert bien d’autres intérêts : marketing, contrôle social, régulation politique.
Le vrai danger, c’est l’habitude
Ce qui était impensable il y a dix ans – devoir scanner son visage pour visiter un site – devient normal en 2025.
Et ce qui sera imposé demain – un Internet filtré par l’État, connecté à votre identité – deviendra banal en 2030.
En définitive, il est encore temps de refuser cette dérive.
Mais pour cela, il faut la nommer : la vérification d’âge est le cheval de Troie de la surveillance généralisée.
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