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	<title>instruments de musique | Jipiblog</title>
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	<description>Jipiblog, le blog musical  : conseils, actualités, analyses et comparatifs sur l’édition de partitions, la contrebasse, les méthodes et l’univers musical. Ressources pour musiciens passionnés, enseignants et professionnels, par un éditeur contrebassiste.</description>
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		<title>Canicule et concerts : jouerons-nous encore l’été ?</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 10:39:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Publié sur le jipiblog <a href="https://jipiblog.jipiz.fr">Jipiblog</a> 
<a href="https://jipiblog.jipiz.fr/2026/06/24/canicule-et-concerts-jouerons-nous-encore-lete/">Canicule et concerts : jouerons-nous encore l’été ?</a><p>Un concert d’été, c’était simple : une scène, du public, de la musique et une belle soirée dehors. Avec la canicule, tout se complique. Les musiciens souffrent, les instruments réagissent, le public cherche l’ombre et les festivals doivent repenser leurs horaires. Repères de lecture Quand la musique d’été devient une épreuve physique Le plein air, rêve musical ou piège thermique ? Les horaires vont-ils changer ? Les instruments aussi subissent la canicule La fin du musicien en noir sous 40 °C ? Les festivals devront-ils tout repenser ? La musique vivante doit rester vivante Canicule et concerts : jouerons-nous encore l’été ? La question aurait paru étrange il y a quelques années. Un concert d’été, c’était une belle soirée dehors. Une scène montée sur une place. Des musiciens en noir. Un public debout, un verre à la main. Quelques balances sous le soleil. Puis la musique, enfin, quand la chaleur devenait supportable. Aujourd’hui, le décor change. Les canicules ne sont plus des épisodes exceptionnels. Elles deviennent plus fréquentes. Elles arrivent plus tôt. Elles durent parfois plus longtemps. Elles modifient déjà notre façon de vivre, de travailler, de nous déplacer et de dormir. Météo France Alors, forcément, elles modifient aussi notre façon d’écouter et de jouer de la musique. La Fête de la musique 2026 l’a rappelé avec une brutalité presque symbolique. Dans plusieurs départements, les fortes chaleurs ont imposé des mesures de prudence. Certaines manifestations ont été adaptées. D’autres ont été annulées. La vente ou la consommation d’alcool a été limitée dans plusieurs zones placées en vigilance rouge. On peut toujours dire que la musique doit continuer. C’est vrai. Mais il faut aussi se demander dans quelles conditions elle peut continuer. Pour le public. Pour les techniciens. Pour les organisateurs. Et bien sûr pour les musiciens. Quand la musique d’été devient une épreuve physique Un concert en plein air n’est jamais seulement un moment musical. C’est aussi une longue journée de montage. Une balance souvent faite trop tôt. Du matériel à transporter. Des câbles à dérouler. Des pupitres à installer. Des amplis à vérifier. Des instruments à accorder. Quand il fait 25 °C, tout cela fait partie du métier. Quand il fait 38 ou 40 °C, cela devient autre chose. Le musicien ne monte pas toujours sur scène frais et disponible. Il a parfois déjà passé deux heures à charger, attendre, transpirer, chercher de l’ombre et boire de l’eau tiède. Le technicien, lui, travaille souvent avant tout le monde. Il installe la scène quand le soleil tape encore très fort. Le public arrive plus tard. Il cherche une place à l’ombre. Il hésite à rester debout. Il évite les grandes foules. Il surveille les enfants, les personnes âgées, les amis fragiles. Le plaisir existe encore, bien sûr. Mais il est désormais accompagné d’une vigilance nouvelle. La canicule transforme donc le concert en question sanitaire. Ce n’est pas très rock’n’roll dit comme cela. Pourtant, c’est devenu incontournable. Le plein air, rêve musical ou piège thermique ? La musique aime le plein air. Elle y gagne parfois une liberté que les salles ne donnent pas. Les festivals, les places de village, les parcs, les arènes, les jardins publics et les terrasses font partie de notre imaginaire musical. Dans le Sud-Ouest, on connaît bien cette culture. Le concert dehors fait partie de l’été. Il accompagne les fêtes locales, les festivals de jazz, les bandas, les fanfares, les bals, les concerts associatifs et les soirées improvisées. Mais le plein air a une faiblesse évidente : il n’offre aucune protection réelle quand la chaleur devient excessive. Un chapiteau peut protéger du soleil. Il peut aussi devenir une étuve. Une scène couverte peut abriter les instruments. Elle ne rafraîchit pas forcément les musiciens. Une place minérale peut être magnifique à 22 h. Elle peut être intenable à 18 h après une journée brûlante. Il faudra donc peut-être revoir certains réflexes. Un concert d’été ne pourra plus être pensé seulement comme une belle affiche, une sono correcte et une autorisation municipale. Il faudra penser l’ombre, l’eau, les horaires, les accès, les temps d’attente et les solutions de repli. Ce n’est pas une contrainte secondaire. C’est en train de devenir une condition d’existence. Les horaires vont-ils changer ? La première adaptation semble évidente : jouer plus tard. Le concert de 19 h, agréable autrefois, peut devenir compliqué lors d’un épisode de chaleur extrême. À cette heure-là, les murs rayonnent encore. Le sol rend la chaleur accumulée. Les instruments ont souffert toute la journée. Le public n’a pas forcément envie de rester immobile sur une place encore brûlante. Demain, beaucoup de concerts d’été commenceront peut-être à 21 h 30, 22 h ou même 22 h 30. Ce changement paraît simple. Pourtant, il pose vite des problèmes. Les arrêtés municipaux limitent parfois le bruit. Les voisins veulent dormir. Les transports se terminent tôt. Les familles avec enfants ne restent pas toujours tard. Les musiciens doivent rentrer. Les bénévoles aussi. La chaleur nous oblige donc à arbitrer entre deux réalités. D’un côté, il devient moins raisonnable de jouer trop tôt. De l’autre, il n’est pas toujours possible de jouer très tard. Le futur du concert d’été se jouera peut-être dans cet espace fragile. Les instruments aussi subissent la canicule On parle souvent du public. On parle parfois des musiciens. On oublie trop souvent les instruments. Pourtant, eux aussi encaissent la chaleur. Un instrument en bois n’aime ni les écarts brutaux de température ni les variations d’humidité. Une contrebasse laissée dans une voiture au soleil, c’est une très mauvaise idée. Une guitare exposée trop longtemps peut bouger. Un piano peut se désaccorder plus vite. Les anches réagissent. Les cordes changent de tension. Les colles et les vernis n’apprécient pas les conditions extrêmes. Même sans dommage spectaculaire, la chaleur perturbe le jeu. On s’accorde plus souvent. On transpire sur le manche. Les mains glissent. Les archets réagissent différemment. Les cuivres chauffent. Les micros captent parfois des scènes moins propres, parce que tout le monde est fatigué avant même le début du concert. La canicule n’est donc pas seulement un décor. Elle entre dans le son. La fin du musicien en noir sous 40 °C ? Il faudra aussi parler d’un sujet presque sacré : la tenue de scène. Le noir est la couleur officielle du musicien. Jazz, classique, variété, chorale, orchestre, big band : le noir règne partout. Il est sobre, élégant, pratique. Il donne une unité au groupe. Il évite les débats sur le goût vestimentaire de chacun. Mais sous une forte chaleur, le noir devient une punition. On pourra toujours défendre la tradition. Il faudra quand même regarder la réalité en face. Un musicien mal à l’aise joue moins bien. Un musicien déshydraté ne joue pas mieux parce qu’il porte une chemise noire. Un orchestre n’est pas plus sérieux parce qu’il souffre en silence. Il serait peut-être temps d’imaginer des tenues d’été plus adaptées. Des vêtements clairs. Des tissus respirants. Une élégance moins sévère. Une cohérence visuelle sans transformer la scène en sauna collectif. La musique survivra très bien à quelques chemises moins sombres. Les festivals devront-ils tout repenser ? Les festivals sont en première ligne. Ils concentrent beaucoup de monde, souvent sur plusieurs jours. Ils accueillent des artistes, des techniciens, des bénévoles, des prestataires et un public nombreux. Ils dépendent de la météo, mais aussi de règles de sécurité de plus en plus strictes. La chaleur ajoute une couche de complexité. Il faut prévoir des points d’eau. Des zones d’ombre. Des espaces de repos. Une information claire. Des horaires adaptés. Des secours disponibles. Des solutions pour les personnes fragiles. Parfois, il faut aussi prendre une décision difficile : maintenir, déplacer ou annuler. On comprend bien le dilemme. Annuler un concert coûte cher. Déplacer un événement est compliqué. Modifier un horaire bouscule toute l’organisation. Mais maintenir sans adaptation peut devenir irresponsable. La canicule oblige donc les festivals à passer d’une logique de programmation à une logique d’adaptation. Ce n’est plus seulement : qui joue, à quelle heure et sur quelle scène ? C’est aussi : dans quelles conditions le public peut-il rester ? Dans quelles conditions les équipes peuvent-elles travailler ? Dans quelles conditions les musiciens peuvent-ils jouer correctement ? La musique gratuite est-elle plus fragile ? La question est délicate, mais elle mérite d’être posée. Les grands festivals disposent parfois de moyens importants. Ils peuvent installer des brumisateurs, renforcer les secours, créer des zones d’ombre ou adapter les flux de public. Les petits concerts gratuits, eux, reposent souvent sur des budgets modestes. Une commune, une association, quelques bénévoles, une scène mobile, une sono, une buvette, et beaucoup de bonne volonté. Or la canicule peut faire grimper les besoins. Il faut davantage d’eau. Plus d’encadrement. Des zones protégées. Une communication renforcée. Parfois une solution de repli en salle. Tout cela coûte de l’argent. Tout cela demande du temps. Tout cela demande aussi des responsabilités claires. Il serait triste que les concerts gratuits soient les premiers fragilisés. Ce sont souvent eux qui maintiennent le lien entre les habitants, les musiciens amateurs, les écoles de musique, les associations et le public qui ne va pas forcément en salle. Mais pour les préserver, il faudra sans doute mieux les accompagner. Jouer moins l’été, mais jouer mieux ? La perspective la plus probable n’est pas la disparition des concerts d’été. La musique a traversé bien d’autres contraintes. Elle s’adapte toujours. Elle change de lieu, d’horaire, de forme, de format. Elle passe de la rue à la salle. Du club à la scène extérieure. Du concert acoustique à la captation. Du festival géant à la proposition plus intime. La vraie question est donc ailleurs. Jouerons-nous encore l’été comme avant ? Probablement pas. Il faudra peut-être privilégier les concerts plus tardifs. Utiliser davantage les lieux frais. Redonner une place aux églises, aux médiathèques, aux auditoriums, aux salles municipales bien ventilées. Penser les balances autrement. Prévoir des pauses. Réduire certaines attentes inutiles. Éviter les expositions en plein soleil. Mieux informer le public. On peut même imaginer une nouvelle esthétique du concert d’été. Des concerts de nuit. Des formats plus courts. Des lieux plus ombragés. Des scènes moins énergivores. Des moments plus acoustiques. Des festivals qui respirent davantage. Des programmations qui tiennent compte du corps autant que de l’affiche. Ce serait une contrainte. Mais ce pourrait aussi devenir une chance. La musique vivante doit rester vivante Il ne s’agit pas de transformer chaque concert en protocole médical. Il ne s’agit pas non plus d’avoir peur de tout. Mais il serait absurde d’ignorer ce qui se passe. Les vagues de chaleur augmentent. Les villes chauffent. Les étés changent. Le public le ressent. Les musiciens aussi. La musique vivante porte bien son nom. Elle dépend des corps, des lieux, de l’air, du temps, de la rencontre. Elle n’existe pas dans une bulle climatisée, même quand elle se joue en salle. C’est pour cela qu’elle doit s’adapter. Continuer à jouer, oui. Continuer à sortir, oui. Continuer à défendre les festivals, les concerts gratuits, les fêtes populaires et les scènes de plein air, évidemment. Mais pas n’importe comment. La canicule ne tuera pas la musique d’été. En revanche, elle va probablement tuer une certaine insouciance. Et ce n’est peut-être pas une mauvaise chose si cela nous oblige à mieux protéger les musiciens, le public, les instruments et tous ceux qui rendent les concerts possibles. La musique a besoin de chaleur humaine. Pas forcément de 42 °C sur une place sans ombre.</p>
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		<title>Instruments et tech : quand Trump taxe la musique</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 11:17:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Publié sur le jipiblog <a href="https://jipiblog.jipiz.fr">Jipiblog</a> 
<a href="https://jipiblog.jipiz.fr/2025/04/09/instruments-et-tech-quand-trump-taxe-la-musique/">Instruments et tech : quand Trump taxe la musique</a><p>Instruments, ordinateurs, smartphones… et douanes : les taxes de Trump impactent aussi la musique Instruments, ordinateurs, smartphones… et douanes : pourquoi les nouvelles taxes de Trump sont un non-sens économique* Depuis le retour sur le devant de la scène de Donald Trump et sa rhétorique « America First », une nouvelle salve de taxes douanières frappe les importations venues de Chine, mais aussi d&#8217;autres pays, avec en ligne de mire plusieurs catégories de produits… dont dépendent directement les musiciens, les studios, les éditeurs ou les enseignants. Car sous des noms techniques comme « section 301 », les barrières tarifaires s’abattent sur des marchandises très concrètes : guitares, interfaces audio, synthétiseurs, cordes, câbles, mais aussi ordinateurs, smartphones, tablettes… Autant dire : tout le nécessaire du musicien 2.0. Une logique économique contestable L&#8217;idée derrière ces taxes est de protéger l&#8217;industrie nationale en rendant les produits étrangers plus chers et donc moins compétitifs. Cependant, dans un monde globalisé où les chaînes d&#8217;approvisionnement sont interconnectées, ces barrières tarifaires perturbent les marchés et entraînent des hausses de prix pour les consommateurs finaux. Les musiciens, qui dépendent souvent de matériel spécifique fabriqué à l&#8217;étranger, se retrouvent particulièrement pénalisés. Objectif affiché : protéger l’industrie américaine. Conséquence directe : une hausse des prix sur des milliers de produits. Ces surtaxes se répercutent déjà sur les prix pratiqués en France, y compris pour des marques distribuées chez nous depuis longtemps. Impact direct sur le prix des instruments en France Prenons des exemples concrets pour illustrer cette problématique : Le MacBook Air M2 : sa production étant largement basée en Asie, son prix a déjà connu une hausse de près de 10 % sur certaines configurations. L’iPhone 15 Pro : le tarif public conseillé a augmenté d’environ 150 € par rapport au modèle précédent, en partie à cause des tensions commerciales. Le clavier MIDI Arturia Keystep Pro : fabriqué en Asie, il pourrait voir son prix grimper si les surtaxes s’élargissent aux composants électroniques spécifiques. Synthétiseur Yamaha PSR-E473 : Avant l&#8217;application des nouvelles taxes, ce clavier arrangeur était disponible en France aux alentours de 349 €. Avec l&#8217;augmentation des droits de douane, son prix pourrait grimper de 10 à 20 %, le rendant moins accessible pour les musiciens amateurs et les écoles de musique.​ Clavia Nord Stage 4 88 : Ce piano de scène haut de gamme, fabriqué en Suède, est actuellement proposé à environ 4 359 €. Les nouvelles taxes pourraient entraîner une hausse significative de son prix en France, malgré sa fabrication européenne, en raison des tensions commerciales internationales.​ Guitare Gibson Les Paul Standard &#8217;50s : Fabriquée aux États-Unis, cette guitare emblématique était proposée en France aux alentours de 3 200 € en 2024. Avec l&#8217;application des nouvelles taxes, son prix pourrait augmenter de manière significative, rendant cet instrument légendaire encore moins accessible pour les musiciens français. Tout cela alors que ce type de matériel est au cœur du travail de nombreux musiciens, professeurs, arrangeurs, beatmakers et éditeurs. En studio, en concert, en cours ou à la maison, impossible aujourd’hui de faire sans ces outils. Et les répercussions ne s’arrêtent pas au prix : les délais de livraison s’allongent, les importateurs doivent renégocier leurs contrats, certains produits sont même temporairement retirés du catalogue. Cela pourrait aussi nuire à la diversité du matériel disponible. Des marques de niche ou des produits innovants pourraient disparaître de nos rayons si les coûts d’importation deviennent insoutenables pour les revendeurs. Alors bien sûr, tout cela est encore en cours d’évolution. Mais une chose est sûre : dans cette guerre économique entre puissances, la culture et la musique risquent de faire les frais de décisions politiques lointaines. Une guerre commerciale aux effets boomerang Ironiquement, ces mesures censées protéger l&#8217;économie américaine risquent de se retourner contre elle. En perturbant les échanges commerciaux, elles nuisent aux relations internationales et incitent les partenaires commerciaux à adopter des mesures de rétorsion. De plus, les entreprises américaines exportatrices peuvent souffrir de ces tensions, réduisant ainsi leur compétitivité sur le marché mondial. Les nouvelles taxes douanières imposées par l&#8217;administration Trump apparaissent comme un non-sens économique*, notamment pour le secteur musical. Elles pénalisent les musiciens français en rendant les instruments et le matériel électronique plus coûteux, freinant ainsi la créativité et le développement artistique. Dans un monde interconnecté, le protectionnisme exacerbé semble être une stratégie contre-productive, aux conséquences néfastes pour tous les acteurs impliqués. Reste à voir si l’Europe, et notamment la France, parviendront à amortir le choc. En attendant, il peut être judicieux de se tourner vers des alternatives locales ou européennes, d’acheter d’occasion, ou tout simplement… de garder son ancien matériel un peu plus longtemps ! *Pourquoi ces taxes douanières sont un non-sens économique Les taxes douanières décidées par Donald Trump visent à protéger l’économie américaine en rendant les produits étrangers plus chers. Sur le papier, l’idée est de pousser les consommateurs à acheter « made in USA ». Mais dans les faits, cette stratégie se retourne souvent contre ses propres objectifs. Voici pourquoi : 1. Les chaînes d’approvisionnement sont mondialesMême les marques américaines dépendent de composants venus d’Asie ou d’Europe. Taxer les importations augmente donc aussi le coût des produits américains eux-mêmes. Par exemple un synthétiseur Nord, fabriqué en Suède, ou un MacBook Pro, conçu aux États-Unis mais assemblé en Chine avec des composants venus du monde entier. Même les entreprises américaines ne produisent pas 100 % sur leur sol : elles dépendent de fournisseurs étrangers. En taxant les importations, on renchérit le coût des pièces détachées, ce qui augmente aussi les prix des produits finis américains. Résultat : le consommateur américain paie aussi plus cher, même pour un produit « made in USA ». 2. Le consommateur paie la noteLes taxes sont répercutées sur le prix de vente. Donc quand une guitare Gibson fabriquée à Nashville est exportée vers l’Europe, et que l’Union Européenne répond par des contre-taxes, c’est le musicien français qui paie la facture finale. Exemple : une Gibson Les Paul Standard à 3 200 € pourrait passer à plus de 3 500 €, sans changement de qualité ou de spécifications, uniquement à cause d’un bras de fer commercial entre États. 3. Les représailles commerciales aggravent la situationLes pays touchés par ces taxes ripostent avec leurs propres mesures. Résultat : les tensions s’intensifient, les prix montent partout, les exportations chutent. L’Union Européenne, le Canada ou la Chine peuvent à leur tour surtaxer des produits américains (comme les Harley-Davidson, le bourbon… ou certains équipements audio pro !). Bilan : tout le monde y perd. Les exportateurs, les consommateurs, et même les fabricants, qui voient leurs ventes chuter. 4. L’innovation est freinéeAccéder à du matériel de qualité devient plus compliqué, surtout pour les indépendants, les jeunes musiciens ou les écoles. Moins d’outils = moins de création. 5. Le protectionnisme est une illusionÀ long terme, ces politiques ralentissent la croissance, isolent les industries et fragilisent les échanges culturels. La musique, qui vit d’échanges, en souffre particulièrement. Ces taxes sont une réponse simpliste à un problème complexe. Elles pénalisent les musiciens des deux côtés de l’Atlantique et nuisent à l’accès à la culture et à la création. &#x1f7e0; Addendum – 10 avril 2025 : Trump recule (provisoirement) Il n’aura pas fallu attendre longtemps. Moins d’une semaine après avoir annoncé une série de droits de douane punitifs visant des milliers de produits importés, Donald Trump a fait volte-face. Sous la pression conjointe des marchés financiers, des milieux industriels et des géants de la tech – dont les fortunes ont fondu de plusieurs dizaines de milliards en quelques heures – le président américain a suspendu pour 90 jours l’application de la majorité des surtaxes douanières. Signe révélateur : au moment même où cette annonce était rendue publique, les bourses ont bondi. Wall Street en tête, suivie par les grandes places financières européennes et asiatiques, soulagées par cette pause inespérée dans une escalade commerciale potentiellement explosive. Il faut dire que les répercussions de ces mesures étaient immédiates : chaînes d’approvisionnement désorganisées, ralentissements logistiques, tensions avec les partenaires commerciaux, hausse généralisée des prix… Une onde de choc mondiale. Trump a concédé que plus de 75 pays étaient « prêts à négocier », tout en maintenant une ligne dure envers la Chine, pour laquelle les taxes atteignent désormais 125 % sur certains produits. Les musiciens n’en ont pas fini avec les effets collatéraux de cette stratégie à hauts risques. Ce recul est-il un simple répit ?Probablement. Mais il révèle surtout une chose : même l’économie américaine ne peut jouer longtemps au cavalier seul sans provoquer une déstabilisation globale. Et dans ce jeu d’équilibre, la culture et la musique sont toujours les premières à trinquer.</p>
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