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	<title>extrême droite | Jipiblog</title>
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	<description>Jipiblog, le blog musical  : conseils, actualités, analyses et comparatifs sur l’édition de partitions, la contrebasse, les méthodes et l’univers musical. Ressources pour musiciens passionnés, enseignants et professionnels, par un éditeur contrebassiste.</description>
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		<title>Vauvert : quand le RN coupe le jazz, la culture plie mais ne rompt pas</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Apr 2026 10:46:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Publié sur le jipiblog <a href="https://jipiblog.jipiz.fr">Jipiblog</a> 
<a href="https://jipiblog.jipiz.fr/2026/04/18/vauvert-quand-le-rn-coupe-le-jazz-la-culture-plie-mais-ne-rompt-pas/">Vauvert : quand le RN coupe le jazz, la culture plie mais ne rompt pas</a><p>Vauvert chasse son festival de jazz Il fallait donc que cela arrive à Vauvert. Le nouveau maire RN Nicolas Meizonnet a décidé de couper le festival de jazz de la ville. Pas de détour, pas de nuance, pas même l’élégance hypocrite d’un faux report. On coupe. On supprime. On balaie. Et l’on habille cela du vocabulaire habituel, celui des petits gestionnaires à grande prétention idéologique : économies, priorités, événement plus fédérateur, public plus large. La vieille rengaine. Quand on veut mettre la culture au pas, on commence souvent par prétendre qu’on ne fait que gérer sérieusement. Les faits sont nets. La 23e édition du festival Jazz à Vauvert devait se tenir les 26 et 27 juin 2026 avec une programmation déjà annoncée : Youn Sun Nah avec Bojan Z, Erik Truffaz, Célia Kameni, Joe Bel, Antonio Lizana ou encore Superpêche. Puis la nouvelle municipalité a retiré son soutien financier, entraînant l’annulation de l’événement à Vauvert. Le festival a finalement été relocalisé à Vergèze grâce au soutien d’autres collectivités et partenaires. Lire ici. Ce qui est insupportable, ce n’est pas seulement la décision. C’est la logique qui l’accompagne. Le maire assume en substance qu’un festival de jazz ne serait pas assez rassembleur, le jazz étant présenté comme une musique trop “élitiste”. Voilà donc où nous en sommes. En 2026, dans une ville française, on traite encore le jazz comme une fantaisie pour initiés. Le jazz, cette musique née de l’histoire la plus violente, du brassage, de l’invention, de la douleur et de la liberté, serait donc trop chic pour la population. Il faut tout de même une solide dose d’inculture pour oser sortir une pareille énormité. Car ce festival n’avait rien d’un caprice de notable ou d’un gadget pour happy few. Il s’inscrivait dans le paysage local depuis douze ans à Vauvert, porté par l’association Jazz à Junas. Il avait accueilli au fil des éditions des artistes comme Gregory Porter, Paolo Fresu, Chucho Valdés, Richard Galliano, Mike Stern, Didier Lockwood ou Michel Portal. Surtout, il ne se limitait pas à quelques concerts d’été pour amateurs bien peignés. Les organisateurs rappellent un vrai travail de terrain, avec actions pédagogiques, sensibilisation des scolaires et ancrage local. Plus de 6 000 enfants auraient ainsi été concernés par ces actions au fil des années. Ce qui est frappé ici, ce n’est pas un simple programme de fin juin. C’est un patient travail de transmission culturelle. Et c’est précisément pour cela qu’il faut refuser le mensonge commode du simple arbitrage budgétaire. Quand une nouvelle majorité d’extrême droite arrive et s’attaque à un festival de jazz déjà installé, déjà reconnu, déjà utile, il ne s’agit pas seulement d’argent. Il s’agit d’un signal. On désigne ce qui mérite encore d’être soutenu et ce qui, au contraire, peut être sacrifié sans scrupule. On ne supprime pas seulement une dépense. On trace une frontière symbolique entre la culture acceptable et la culture indésirable. Le plus révélateur, au fond, est que ces attaques visent rarement la culture décorative. Le pouvoir autoritaire aime très bien les cérémonies, les folklorettes bien sages, les animations de carte postale et les spectacles qui ne pensent pas trop fort. En revanche, il se méfie de ce qui circule, de ce qui improvise, de ce qui métisse, de ce qui échappe aux slogans. Le jazz concentre tout cela. Il est libre dans sa forme, dans son histoire, dans son esprit. Forcément, il devient suspect aux yeux de ceux qui rêvent d’une société rangée au cordeau. Le festival de Vauvert avait en plus une histoire. Ce n’était pas une lubie sortie de nulle part. Il s’était construit dans le temps, avec ses artistes, son public, ses habitudes, ses fidélités. Il avait trouvé sa place. Et c’est justement ce qui rend la décision encore plus brutale. On n’interrompt pas une simple expérience. On casse un rendez-vous culturel enraciné. On dit à un territoire que cette forme de vie artistique ne compte plus. Ou plutôt qu’elle compte moins que l’affichage politique d’une nouvelle équipe municipale. Heureusement, les organisateurs n’ont pas cédé. Le festival ne disparaît pas totalement. Il déménage à Vergèze, aux mêmes dates, les 26 et 27 juin 2026. Sur le papier, c’est une victoire. Et c’en est une, bien sûr. Le jazz vivra. Les artistes joueront. Le public suivra sans doute. Mais il ne faut pas enjoliver ce déplacement. Un festival n’a pas vocation à devenir réfugié culturel dans la commune voisine pour survivre à l’arrivée d’un maire RN. Le simple fait qu’il doive s’exiler dit déjà beaucoup de l’époque. C’est là que l’affaire dépasse le seul cas de Vauvert. Non, ce n’est pas un épisode isolé. Non, ce n’est pas une surprise. Ce n’est pas non plus le début. Depuis des années, dans plusieurs villes passées à droite dure ou à l’extrême droite, la culture associative, indépendante ou exigeante devient une cible commode. On coupe, on réduit, on recadre, on remplace, puis on jure la main sur le cœur qu’il ne s’agit que de bon sens. Toujours la même mise en scène. Toujours la même lâcheté lexicale. On frappe d’abord, on parle de neutralité ensuite. Des enquêtes récentes ont encore documenté des réductions de soutien aux associations culturelles dans plusieurs municipalités tenues par l’extrême droite. Dans ce contexte, Vauvert n’est donc pas une anomalie. C’est un symptôme. Un symptôme très clair. On cherche à installer l’idée qu’une culture trop libre, trop intelligente, trop ouverte, trop métissée serait accessoire, voire suspecte. Il faudrait à la place des propositions plus “fédératrices”, autrement dit plus dociles, plus digestes, plus inoffensives. Comme si l’art devait désormais passer un contrôle idéologique avant d’avoir droit à une scène. Entre le limogeage d’Olivier Nora chez Grasset dans l’orbite Bolloré et ce qui arrive à Vauvert, on voit bien la même tentation à l’œuvre : rappeler à la culture qu’elle n’est jamais tout à fait libre, qu’elle doit rester à sa place, qu’un propriétaire ou un maire peut toujours reprendre la main. Les méthodes changent. L’arrière-plan, lui, devient de plus en plus familier. Mais le cœur du sujet reste Vauvert. Et le cœur du scandale aussi. Un maire nouvellement élu décide qu’un festival de jazz n’est plus le bienvenu dans sa ville. Il prive un territoire d’un rendez-vous artistique reconnu. Il abîme un travail de transmission construit sur des années. Il envoie aux artistes, aux bénévoles, aux enseignants, aux élèves et au public un message d’une rare brutalité : votre musique ne compte pas assez ici. Eh bien si, elle comptait. Et elle comptera encore. À Vergèze, cette année. Ailleurs peut-être demain. Mais l’épisode laisse une trace. Il rappelle que la culture n’est jamais définitivement acquise. Qu’il suffit parfois d’une alternance municipale pour que tombent les masques. Et qu’à chaque fois, les mêmes ressorts reviennent : méfiance envers ce qui pense, haine de ce qui mélange, soupçon envers ce qui élève. Le jazz n’est pas élitiste. Il est vivant. Ce qui gêne ses fossoyeurs, ce n’est pas son prétendu entre-soi. C’est sa liberté. Et c’est bien cela, au fond, que l’extrême droite supporte le moins.</p>
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		<title>Grasset, Fayard : Bolloré met l’édition au pas</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 16:59:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Publié sur le jipiblog <a href="https://jipiblog.jipiz.fr">Jipiblog</a> 
<a href="https://jipiblog.jipiz.fr/2026/04/16/grasset-fayard-bollore-met-ledition-au-pas/">Grasset, Fayard : Bolloré met l’édition au pas</a><p>Billet d’humeur Il fallait donc que cela arrive aussi là. Après les chaînes d’info, les radios, les journaux et les plateaux transformés en casernes idéologiques, voici l’édition priée de marcher au pas. Le limogeage d’Olivier Nora à la tête de Grasset n’a rien d’un banal changement de direction. C’est un message. Et ce message est limpide : dans l’empire Bolloré, l’autonomie éditoriale devient une anomalie à corriger. Le plus sinistre, c’est que cette affaire ne tombe pas du ciel. Depuis des mois, le virage à droite extrême d’une partie des maisons passées sous influence bolloréenne saute aux yeux. Fayard est devenu le symbole le plus voyant de cette dérive, notamment avec la nomination de Lise Boëll, ancienne éditrice d’Eric Zemmour, et avec la publication de figures de plus en plus clairement situées à l’extrême droite. Au point que, là aussi, des auteurs cherchent à récupérer leurs droits pour ne plus être associés à cette ligne. Dans ce contexte, Grasset faisait figure de maison encore debout, encore identifiable, encore un peu libre. C’est sans doute ce qui la rendait insupportable. Olivier Nora incarnait précisément cela : une maison qui n’était pas encore totalement réduite à une filiale obéissante. Son éviction ressemble donc moins à une décision de gestion qu’à une opération de discipline. Sur les causes, il faut rester honnête : officiellement, c’est flou. Mais ce qui revient avec insistance, c’est un désaccord éditorial autour du prochain livre de Boualem Sansal, arrivé récemment chez Grasset. D’autres sources évoquent plus largement une friction avec la nouvelle reprise en main idéologique du groupe. En clair, le mot à retenir est simple : contrôle. Et la réponse des écrivains est, pour une fois, à la hauteur du scandale. Une vague de départs a suivi presque immédiatement. Parmi les noms cités figurent Virginie Despentes, Bernard-Henri Lévy, Vanessa Springora, Sorj Chalandon et d’autres auteurs de premier plan. Tous disent à peu près la même chose : ils ne veulent pas devenir les figurants littéraires d’une guerre idéologique menée par un actionnaire qui traite la culture comme un territoire à conquérir. Lire : Le Monde C’est là que l’affaire devient plus grave qu’un simple conflit de personnes. Quand des écrivains quittent en masse une maison comme Grasset, ce n’est pas un caprice de salon. C’est un signal d’alarme. Cela veut dire que la confiance est cassée. Cela veut dire aussi que la littérature sent venir la laisse avant même qu’on la lui accroche au cou. On nous dira sans doute qu’il ne s’agit que de stratégie, de management, de réorganisation, de synergies, de développement. Toute la bouillie managériale habituelle. Mais quand le résultat concret est toujours le même, plus de verticalité, plus de docilité, plus de place pour les voix réactionnaires, et moins d’air pour le reste, il faut arrêter de jouer aux idiots utiles. Ce n’est pas une modernisation. C’est une mise au pas. Le plus navrant, au fond, est qu’on touche ici à ce que l’édition devrait protéger en priorité : la pluralité, le désaccord, le risque, l’inconfort, la contradiction. Tout ce qu’une logique de camp, de croisade culturelle et de verrouillage idéologique déteste par nature. À ce rythme, certaines maisons n’éditeront bientôt plus des livres. Elles publieront des consignes. Et voilà pourquoi cette affaire Grasset dépasse largement Grasset. Elle raconte une époque où des groupes industriels veulent non seulement posséder des médias, mais aussi régler le ton du débat public, choisir le cadre moral, trier le dicible et récompenser les bons soldats. Quand l’édition commence à sentir le plateau de CNews en couverture jaune et lettres vertes, il est temps de s’inquiéter sérieusement.</p>
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