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	<title>Miles Davis | Jipiblog</title>
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		<title>John Coltrane a 100 ans : pourquoi n’avons-nous toujours pas fini de le découvrir ?</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 13:49:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Publié sur le jipiblog <a href="https://jipiblog.jipiz.fr">Jipiblog</a> 
<a href="https://jipiblog.jipiz.fr/2026/09/16/john-coltrane-a-100-ans-pourquoi-navons-nous-toujours-pas-fini-de-le-decouvrir/">John Coltrane a 100 ans : pourquoi n’avons-nous toujours pas fini de le découvrir ?</a><p>Le 23 septembre 2026, John Coltrane aurait eu 100 ans. Un siècle après sa naissance et près de soixante ans après sa disparition, on pourrait penser que tout a été dit, écrit, analysé et publié sur le saxophoniste. Pourtant, des dizaines d’heures d’enregistrements longtemps restés secrets refont aujourd’hui surface. Comme si Coltrane avait encore quelques chorus à nous faire entendre. Ce centenaire n’est donc pas seulement l’occasion de ressortir Giant Steps, My Favorite Things ou A Love Supreme de la discothèque. Il rappelle surtout à quel point John Coltrane reste un musicien difficile à enfermer dans une époque. Sommaire Des bandes secrètes refont surface Avant de devenir Coltrane Giant Steps : repousser les murs de l’harmonie Quand une chanson de comédie musicale change de dimension Le quartet : quatre musiciens et un seul organisme Côté contrebasse : Jimmy Garrison A Love Supreme : au-delà du disque de jazz Toujours aller plus loin Pourquoi Coltrane reste-t-il aussi actuel ? Quelques disques pour suivre le chemin Sources pour aller plus loin Des bandes secrètes refont surface L’histoire serait déjà belle si elle avait été inventée pour un film. Au début des années 1960, le saxophoniste Frank Tiberi suit John Coltrane dans plusieurs clubs de New York et de Philadelphie. Il emporte avec lui un magnétophone portable et enregistre les concerts. Certaines prises auraient été réalisées avec le microphone dissimulé dans son manteau. Ces bandes deviennent presque légendaires parmi les connaisseurs. Pendant des décennies, elles restent essentiellement hors de portée du public. En 2026, à l’occasion du centenaire de Coltrane, l’histoire change. La succession John Coltrane annonce officiellement la publication des Tiberi Tapes chez Impulse! Records. Selon une enquête publiée par The Guardian en septembre 2026, Frank Tiberi aurait conservé environ 80 bandes représentant plus de 60 heures de musique. On y entend Coltrane travailler, étirer les morceaux et transformer progressivement son langage. Voilà peut-être ce qui rend ces documents passionnants. Ils ne montrent pas seulement un grand musicien donnant un concert. Ils permettent d’entendre un laboratoire en fonctionnement. Et chez Coltrane, le laboratoire ne semble jamais avoir fermé. Avant de devenir Coltrane John William Coltrane naît le 23 septembre 1926 à Hamlet, en Caroline du Nord. Après son service dans l’US Navy, il s’installe à Philadelphie et se mêle à la scène bebop de la côte Est. Il passe notamment par les orchestres de Dizzy Gillespie avant de rejoindre Miles Davis au milieu des années 1950. Cette collaboration va l’installer au premier rang des saxophonistes de sa génération. Coltrane participe notamment à Kind of Blue en 1959. Mais, parallèlement, quelque chose d’autre est déjà en train de se produire. Il cherche. Il travaille énormément. Il explore les accords, les gammes et les possibilités du saxophone. Son jeu devient extrêmement dense. Le critique Ira Gitler utilisera l’expression devenue célèbre de sheets of sound, des « nappes » ou « feuilles de son », pour tenter de décrire ces cascades de notes. Coltrane ne semble pourtant pas chercher la virtuosité pour elle-même. La technique lui sert à aller ailleurs. Giant Steps : repousser les murs de l’harmonie Enregistré en 1959 et publié en 1960, Giant Steps constitue l’un des grands tournants. Le morceau-titre est devenu un passage presque initiatique pour les improvisateurs. Ses enchaînements harmoniques, désormais connus sous le nom de « Coltrane changes », font circuler les centres tonals à une vitesse qui ne laisse guère le temps de regarder le paysage. Il suffit d’avoir tenté un jour d’improviser correctement sur Giant Steps pour mesurer la plaisanterie. Mais réduire ce morceau à un exercice d’harmonie serait une erreur. Ce qui frappe encore aujourd’hui, c’est l’impression de mouvement permanent. Les accords ne constituent plus seulement un accompagnement. Ils deviennent le moteur même de l’improvisation. Et, à peine arrivé au bout de cette exploration harmonique, Coltrane va pratiquement prendre la direction opposée. Quand une chanson de comédie musicale change de dimension En 1960, Coltrane enregistre My Favorite Things, chanson de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II écrite pour la comédie musicale The Sound of Music. Sur le papier, difficile d’imaginer matériau plus éloigné d’une révolution musicale. Pourtant, Coltrane adopte le saxophone soprano et transforme la chanson en longue exploration modale. Au lieu de courir après une succession d’accords complexes, l’improvisation peut désormais s’installer dans un espace harmonique beaucoup plus ouvert. Le contraste avec Giant Steps est fascinant. D’un côté, une mécanique harmonique redoutable. De l’autre, de longues plages permettant au musicien de creuser un même matériau. Coltrane ne choisit pas vraiment entre les deux. Il poursuit sa route. Le quartet : quatre musiciens et un seul organisme Au début des années 1960 se stabilise l’une des formations les plus importantes de l’histoire du jazz : John Coltrane au saxophone, McCoy Tyner au piano, Jimmy Garrison à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie. On parle souvent du « Classic Quartet » de Coltrane. Le terme est justifié, à condition de ne pas imaginer quatre accompagnateurs autour d’un soliste. Cette musique fonctionne plutôt comme un organisme vivant. McCoy Tyner construit de larges architectures harmoniques avec ses accords caractéristiques. Elvin Jones fait tourbillonner le rythme sans jamais donner l’impression d’abandonner la pulsation. Coltrane peut alors développer des improvisations de plus en plus longues. Et au milieu de cette tempête, Jimmy Garrison tient la maison. Côté contrebasse : Jimmy Garrison On parle évidemment beaucoup du saxophone lorsqu’on évoque Coltrane. Pour un contrebassiste, l’écoute peut pourtant commencer ailleurs. Jimmy Garrison est essentiel à l’équilibre du quartet. Son rôle est d’autant plus intéressant que la musique autour de lui devient de plus en plus libre. Lorsque Elvin Jones multiplie les couches rythmiques et que McCoy Tyner ouvre l’espace harmonique, Garrison conserve une capacité remarquable à rendre la pulsation perceptible. Son walking n’a rien d’une simple ligne destinée à remplir les quatre temps. Le son est ferme, les notes respirent et le placement donne une direction à l’ensemble. Il faut aussi écouter ses introductions en solo, notamment celle de My Favorite Things dans certaines versions de concert. Quelques notes de contrebasse suffisent alors à installer immédiatement le terrain sur lequel tout le groupe va construire. Garrison offre surtout quelque chose d’indispensable à Coltrane : un point d’appui suffisamment solide pour permettre au saxophoniste de prendre tous les risques. C’est peut-être l’un des paradoxes du jazz libre. Plus certains musiciens s’éloignent des repères traditionnels, plus la présence d’un partenaire capable de faire sentir le sol devient précieuse. A Love Supreme : au-delà du disque de jazz En décembre 1964, le quartet enregistre A Love Supreme. Il existe des albums importants, des chefs-d’œuvre reconnus et des disques qui finissent par devenir autre chose qu’un disque. A Love Supreme appartient probablement à cette dernière catégorie. L’œuvre est conçue comme une suite en quatre parties : Acknowledgement, Resolution, Pursuance et Psalm. La dimension spirituelle n’est pas un commentaire ajouté après coup. Elle est au cœur du projet. Coltrane considère de plus en plus la musique comme une forme de quête et d’élévation. Le motif de quatre notes associé aux mots « A Love Supreme » est d’une simplicité presque désarmante. Pourtant, répété et déplacé, il prend progressivement une dimension hypnotique. Le contraste avec la complexité de Giant Steps est encore une fois saisissant. En quelques années, le même musicien aura démontré qu’il pouvait chercher l’infini aussi bien dans une grille d’accords vertigineuse que dans quatre notes. Toujours aller plus loin Le succès aurait pu inciter Coltrane à s’installer confortablement dans cette formule. C’est exactement ce qu’il ne fera pas. À partir de 1965, sa musique devient plus radicale. Il se rapproche notamment d’Archie Shepp, Pharoah Sanders et Rashied Ali. Les structures éclatent davantage et l’improvisation collective prend une place croissante. Une partie du public décroche. Un épisode rapporté à propos du festival DownBeat de Chicago en août 1965 est révélateur. Coltrane y présente une musique beaucoup plus libre et agressive. Des auditeurs quittent la salle et les réactions critiques sont parfois féroces. Pourtant, Coltrane continue. C’est peut-être là que réside l’une des clés de sa longévité artistique. Il n’a jamais transformé une découverte en recette. Chaque fois qu’il trouvait une réponse, il semblait surtout y découvrir une nouvelle question. Pourquoi Coltrane reste-t-il aussi actuel ? En 2026, les célébrations de son centenaire donnent une idée de la place qu’il occupe toujours. La succession Coltrane a lancé COLTRANE 100, une célébration internationale qui s’étend sur toute l’année. Le 23 septembre, jour exact de son centenaire, le Hollywood Bowl doit notamment accueillir Coltrane 100: Legacy. En France, Radio France lui a consacré le 12 septembre un double concert intitulé Trane’s Now, imaginé par Raphaël Imbert. Rhino publiera également le 2 octobre Coltrane 100 – Selections from 1951-1967, un coffret de six vinyles présenté comme la première grande rétrospective de sa carrière réunissant des enregistrements provenant de plusieurs labels. Et puis il y a ces fameuses bandes de Frank Tiberi. Soixante heures de Coltrane surgissant du passé au moment où l’on pensait connaître l’essentiel de son histoire : difficile d’imaginer meilleur symbole. Mais l’importance de Coltrane ne se mesure pas au nombre de rééditions disponibles. Elle se mesure probablement davantage au nombre de musiciens qui continuent à travailler ses compositions, à étudier ses solos ou simplement à essayer de comprendre ce qui se passe dans cette musique. Un siècle après sa naissance, Coltrane n’est toujours pas devenu un monument que l’on visite respectueusement. Il reste un problème à résoudre. Et c’est probablement pour cela qu’il reste aussi vivant. Quelques disques pour suivre le chemin Impossible évidemment de résumer John Coltrane en quelques albums. Mais pour suivre l’évolution dont il est question ici, cinq étapes constituent déjà un magnifique voyage : Blue Train (1957) : Coltrane s’affirme comme leader. Giant Steps (1960) : l’exploration harmonique poussée à ses limites. My Favorite Things (1961) : le soprano, le modal et l’ouverture de l’espace. A Love Supreme (1965) : la musique comme quête spirituelle. Ascension (1966) : l’entrée dans un territoire beaucoup plus libre et collectif. On pourrait évidemment ajouter Impressions, Crescent, Live at Birdland, Meditations et bien d’autres. Mais le plus intéressant consiste peut-être à les écouter dans l’ordre. Car chez Coltrane, chaque disque semble contenir la question qui donnera naissance au suivant. Sources pour aller plus loin Coltrane 100 : le site officiel consacré au centenaire de John Coltrane et aux projets organisés autour de l’année 2026. Consulter le site officiel de John Coltrane. The Guardian, 11 septembre 2026 : enquête consacrée aux « Tiberi Tapes », près de 80 bandes représentant plus de 60 heures d’enregistrements réalisés entre 1960 et 1964. Lire l’article du Guardian. Smithsonian Institution : archives consacrées à John Coltrane, à son saxophone et à A Love Supreme, ainsi qu’à la formation avec McCoy Tyner, Elvin Jones et Jimmy Garrison. John Coltrane au Smithsonian. Smithsonian Institution, John Coltrane Music Manuscript : documentation biographique et archives musicales de Coltrane. Consulter les archives. Radio France, septembre 2026 : présentation du double concert « John Coltrane – 100 ans, Trane’s Now », organisé au Studio 104 le 12 septembre 2026. Voir la présentation de Radio France. Rhino Records : présentation de Coltrane 100 – Selections from 1951-1967, rétrospective couvrant plusieurs labels et l’ensemble de sa carrière. Voir la présentation de Coltrane 100. Cent ans après sa naissance, il reste donc beaucoup à écouter chez John Coltrane. Et peut-être est-ce finalement la meilleure manière de célébrer son centenaire : non pas en regardant vers le passé, mais en continuant à chercher avec lui.</p>
<p>The post<a href="https://jipiblog.jipiz.fr/2026/09/16/john-coltrane-a-100-ans-pourquoi-navons-nous-toujours-pas-fini-de-le-decouvrir/">John Coltrane a 100 ans : pourquoi n’avons-nous toujours pas fini de le découvrir ?</a> first appeared on <a href="https://jipiblog.jipiz.fr">Jipiblog</a>.</p>]]></description>
		
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		<title>Sonny Rollins, le dernier souffle du colosse</title>
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		<pubDate>Tue, 26 May 2026 08:14:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Publié sur le jipiblog <a href="https://jipiblog.jipiz.fr">Jipiblog</a> 
<a href="https://jipiblog.jipiz.fr/2026/05/26/sonny-rollins-le-dernier-souffle-du-colosse/">Sonny Rollins, le dernier souffle du colosse</a><p>Le jazz vient de perdre l’un de ses derniers géants. Sonny Rollins disparaît à 95 ans, au moment même où l’on célébrait les 100 ans de Miles Davis. Une coïncidence presque irréelle. Sonny Rollins s’efface, le jazz retient son souffle Il y a des disparitions qui ressemblent moins à une fin qu’à un silence soudain dans l’orchestre. Sonny Rollins vient de nous quitter à 95 ans. Le “Saxophone Colossus” s’est éteint, et avec lui disparaît l’un des derniers géants debout de cette génération qui a façonné le jazz moderne. Rollins, c’était un son. Un vrai. Large, puissant, habité, reconnaissable dès les premières notes. Mais c’était aussi une manière de penser l’improvisation comme une aventure. Chez lui, un chorus ne se contentait pas de remplir une grille. Il avançait, bifurquait, souriait, questionnait, puis retombait toujours sur ses pieds avec une évidence désarmante. On pense bien sûr à Saxophone Colossus, à Way Out West, à The Bridge. On pense aussi à cette image devenue presque légendaire du musicien travaillant son saxophone sur le Williamsburg Bridge, loin du bruit médiatique, comme s’il fallait s’éloigner du monde pour mieux y revenir. Reuters rappelle d’ailleurs cette retraite de plus de deux ans sur le pont, avant l’album The Bridge, devenu l’un des grands jalons de son parcours. Et puis il y a cette coïncidence presque trop belle pour être vraie. Sonny Rollins disparaît au moment où l’on célèbre les 100 ans de Miles Davis, né le 26 mai 1926. Deux trajectoires immenses. Deux façons différentes de réinventer le jazz. Deux noms qui disent, chacun à leur manière, que cette musique n’a jamais été une simple affaire de notes. Sonny Rollins ne jouait pas seulement du saxophone ténor. Il faisait parler un souffle. Un souffle humain, libre, parfois rugueux, souvent solaire. Un souffle qui continuera longtemps à traverser les disques, les musiciens, et tous ceux qui aiment encore cette idée folle : improviser, c’est rester vivant.</p>
<p>The post<a href="https://jipiblog.jipiz.fr/2026/05/26/sonny-rollins-le-dernier-souffle-du-colosse/">Sonny Rollins, le dernier souffle du colosse</a> first appeared on <a href="https://jipiblog.jipiz.fr">Jipiblog</a>.</p>]]></description>
		
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		<title>Jack DeJohnette, le batteur visionnaire du jazz moderne</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Oct 2025 10:18:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Publié sur le jipiblog <a href="https://jipiblog.jipiz.fr">Jipiblog</a> 
<a href="https://jipiblog.jipiz.fr/2025/10/28/jack-dejohnette-le-batteur-visionnaire-du-jazz-moderne/">Jack DeJohnette, le batteur visionnaire du jazz moderne</a><p>Jack DeJohnette, le souffle rythmique du jazz moderne s’éteint Le batteur, pianiste et compositeur américain Jack DeJohnette s’est éteint le 26 octobre 2025, à l’âge de 83 ans, des suites d’une insuffisance cardiaque. Figure majeure du jazz contemporain, il a accompagné les plus grands, de Miles Davis à Keith Jarrett, en redéfinissant le rôle de la batterie dans le langage du jazz. De Chicago à New York : la naissance d’un explorateur Né à Chicago le 9 août 1942, Jack DeJohnette a d’abord étudié le piano, avant de tomber amoureux de la batterie à l’adolescence. Dans les clubs de South Side, il apprend à écouter le blues, à jouer avec le groove et à faire respirer le rythme. Cette approche pianistique restera au cœur de son jeu de batteur : chaque cymbale, chaque peau devenait pour lui une touche de clavier. À la fin des années 1960, il quitte Chicago pour New York, capitale du jazz en pleine effervescence. Il joue avec des pionniers comme Charles Lloyd, Jackie McLean ou Betty Carter, tout en développant un style souple, inventif, et résolument moderne. La rencontre avec Miles Davis : une révolution électrique En 1969, Miles Davis l’invite à rejoindre son groupe. Jack DeJohnette participe alors à l’un des virages les plus marquants de l’histoire du jazz : la fusion électrique.Son jeu propulse littéralement les albums Bitches Brew, Live-Evil, ou On the Corner. Là où Tony Williams avait apporté la vitesse et la tension, DeJohnette impose le mouvement et la couleur. Sa frappe élastique, ses contretemps souples et son sens de l’espace changent durablement la façon dont la batterie dialogue avec le reste du groupe. On dit souvent qu’il « jouait la batterie comme un orchestre ». C’est vrai. Chez lui, les cymbales commentaient le discours, la caisse claire répondait à la basse, et tout cela respirait comme un seul corps musical. Jack DeJohnette le fidèle compagnon de Keith Jarrett Après Miles, DeJohnette devient un pilier du label ECM Records. Il fonde ses propres groupes — Directions, Special Edition — et enregistre en leader des albums où l’énergie du jazz rencontre des influences africaines, rock ou new age. Mais c’est surtout au sein du Keith Jarrett Trio, aux côtés du contrebassiste Gary Peacock, qu’il entre dans la légende. Pendant plus de trente ans, ce trio revisite les standards avec une liberté totale, repoussant sans cesse les limites du jeu collectif. Leur complicité est devenue un modèle d’écoute mutuelle, un idéal de respiration musicale. Un musicien sans frontières Jack DeJohnette n’a jamais cessé d’expérimenter. Il joue du piano sur certains de ses disques, s’intéresse à la musique du monde, à la mystique orientale, et collabore avec des artistes d’horizons très divers : Herbie Hancock, John Abercrombie, Pat Metheny, Michael Brecker, ou encore Esperanza Spalding.En 2012, il reçoit le prestigieux titre de NEA Jazz Master, la plus haute distinction américaine dans le domaine du jazz. L&#8217;héritage vivant de Jack DeJohnette Dans le monde du jazz, peu de batteurs auront autant marqué la scène que lui. Jack DeJohnette aura su faire de la batterie un instrument d’expression harmonique autant que rythmique. Il a inspiré des générations de musiciens, de Brian Blade à Mark Guiliana, en montrant que la virtuosité n’a de sens que si elle sert la musicalité. Son jeu, entre tension et liberté, restera l’un des plus reconnaissables de l’histoire du jazz moderne.À travers son œuvre, c’est tout un art de l’écoute et du dialogue qui nous reste : celui d’un musicien qui savait faire danser le silence autant que les notes.</p>
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