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	<title>Brésil | Jipiblog</title>
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	<description>Jipiblog, le blog musical  : conseils, actualités, analyses et comparatifs sur l’édition de partitions, la contrebasse, les méthodes et l’univers musical. Ressources pour musiciens passionnés, enseignants et professionnels, par un éditeur contrebassiste.</description>
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	<title>Brésil | Jipiblog</title>
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		<title>Tao longe do Brasil..(si loin du Brésil &#8230;) n°2</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Apr 2012 22:51:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Publié sur le jipiblog <a href="https://jipiblog.jipiz.fr">Jipiblog</a> 
<a href="https://jipiblog.jipiz.fr/2012/04/27/tao-longe-do-brasil-si-loin-du-bresil-n2/">Tao longe do Brasil..(si loin du Brésil …) n°2</a><p>Manha de meu carnaval (A l&#8217;aube de mon Brésil) Je me suis engagé à raconter ma lente découverte des musiques brésiliennes (un demi siècle !). Difficile de le faire sans y mêler des fragments d&#8217;autobiographie pas forcément passionnants. C&#8217;est pourquoi j&#8217;ai tant tardé. Vais je résister à mon « narcisso herpès » ? Tout d&#8217;abord, débarrassons nous des préliminaires: quelques films musicaux vus en famille dans mon adolescence (« le bal des sirènes » avec « tico tico », « los tres caballeros » avec « brasil » « o cangaceiro » avec « mulher reindera ») puis des musiques écoutées dans les surboums bagnéraises estivales. Les autres séduisaient les minettes sur « rock around the clock », moi j&#8217;étais trop timide et mauvais danseur (mes rares performances étaient plus proches de « on achève bien les chevaux » que de « saturday night fever »). Aussi je buvais et j&#8217;écoutais les disques apportés part d&#8217;autres. Dans ce vide-grenier musical, encombré de paso dobles, tangos (oui,ça se faisait encore mais sans Piazzolla) slows, rock and rolls (forever), il y avait quelques calypsos de Harry Belafonte et des mambos et chachas de Perez Prado et Benny Bennett qui m&#8217;auraient presque fait bouger. La sensualité nonchalante du calypso et les polyrythmies cubaines ou portoricaines préparaient mon accession au monde musical brésilien. C&#8217;est à cette époque que j&#8217;ai commencé une carrière de percussionniste de repas en tapant sur la table, les assiettes, les verres (avec ongles, couteaux..) et sur les nerfs de ma mère, puis de ma femme. Ma mère ne pouvait pas divorcer, Geneviève a du y penser souvent&#8230; 1958.. Tiens ! J&#8217;ai vu passer un général&#8230; A République il a enclenché la 5ième mais ce n&#8217;était pas le plus important pour moi (je le pense encore). La coupe du monde de football en Suede ! La télévision est arrivée à Bagnères. j&#8217;y découvre une équipe de France brillante (Kopa, Fontaine, Piantoni) puis douloureusement héroïque (Jonquet). Mais je suis surtout fasciné par l&#8217;équipe brésilienne et ses jongleurs sambistes (Pelé, Garrincha, Vava, Didi, Orlando, Zito; cette page ne suffirait pas pour écrire leurs noms complets). Cette année du Brésil se continue assez vite avec la sortie d&#8217;un 45t, la musique du film « orfeu negro » composée par Antonio Carlos (Tom) Jobim et Luis Bonfa avec des paroles de Vinicius de Moraes (créateur de la pièce adaptée par Camus). Ce n&#8217;est pas une collaboration: en réalité il y a 3 thèmes importants de Jobim (« a felicidade », « o nosso amor » et « frevo ») et 2 thèmes importants de Bonfa (« manha de carnaval » et « samba de orfeu »). Comme d&#8217;habitude, les commentaires attribuent le premier rôle à Jobim (si on n&#8217;oublie pas complètement Bonfa, comme le fait Michel Grisolia de l&#8217;express, qui dit que le seul intérêt du film réside dans les sambas et bossas novas&#8230;. de Jobim ) Combien de gens savent que « manha de carnaval », cette mélopée splendide murmurée dans le film par Elisete Cardoso et qui a fait le tour du monde n&#8217;est pas de Jobim. Présenté au festival de cannes en 1959, le film de Marcel Camus obtient la palme d&#8217;or. Elle est contestée mais, malgré tous ses défauts, le plus important étant une caricature « angélique » des favelas, la musique et l&#8217;ambiance qui encadrent la relecture de ce drame antique restent très séduisantes. On y sent un brésil balançant entre violence et douceur, exubérance et retenue mais avec beaucoup de sensualité et de musique. Assez curieusement je n&#8217;ai pas vu le film à cette époque, mais je l&#8217;imaginais à partir du 45t. Quelle déception en le voyant quelques années plus tard à la tv dans une lamentable VF (même les chansons, déclamées par un presque chanteur d&#8217;opéra « matin s&#8217;est levé le soleil.. ») Heureusement je l&#8217;ai revu en VO et j&#8217;ai pu apprécier ce que j&#8217;en dis plus haut. Ceci dit, le chanteur brésilien Agustino Dos Santos dans le film, donne une version un peu compassée et pas trés « bossa » de « a felicidade ». J&#8217;ai appris récemment, à la sortie d&#8217;un coffret contenant toute la BO d&#8217;orfeu negro (comprenant les prises non retenues) que Joao Gilberto avait chanté pour cette Bo mais que Camus avait éliminé ses prises (trop blanches&#8230;). D&#8217;accord, le film a déjà été refusé par une partie de la population brésilienne à sa sortie car trop européen, trop sophistiqué et y faire chanter Joao n&#8217;aurait pas arrangé ce problème mais on peut toujours rêver&#8230; Par ailleurs Caetano Veloso, qui dans son livre « pop tropicale et révolution » dit beaucoup de mal de ce film, reconnait qu&#8217;il a eu une influence non négligeable sur l&#8217;intérêt du public mais aussi sur l’œuvre de certains artistes dont lui même. L&#8217;histoire « Marcel Camus-Brésil » connaitra un second épisode avec le film « Os Bandeirantes » filmé au Brésil dans la région de Bahia et à Brasilia en 1961. Il utilisait toujours la spontanéité « angélique » des habitants, la beauté du pays et la musique (curieusement Henri Crolla et José Tolédo). Je l&#8217;ai vu à Bordeaux, à sa sortie, et j&#8217;ai été honteusement séduit par ce mélange mais aussi par la belle Lourdes de Oliveira (déja dans Orfeu negro avec la non moins belle Marpessa Dawn) 1962. C&#8217;est l&#8217;année de parution d&#8217;un disque, »Jazz Samba » de Stan Getz &#8211; Charlie Byrd, qui va créer, pour des raisons commerciales, un double malentendu: -d&#8217;abord l&#8217;appropriation par les jazzmen américains, avec la complicité des journalistes spécialisés et des gros labels de disques américains, de la bossa nova (la bossa nova tirerait sa sophistication harmonique du jazz et sa douceur instrumentale du cooljazz) -ensuite Charlie Byrd et Stan Getz seraient les inventeurs d&#8217;un son instrumental inédit (saxo, guitare, rythmique). Il faut expliquer que, quelques temps avant, des musiciens américains en tournée au brésil avaient été séduits par ce qu&#8217;ils entendaient et que les plus ouverts, parmi lesquels Charlie Byrd et Dizzy Gillespie (toujours présent du côté latin) étaient revenus aux US avec des projets. On ne peut pas prétendre que les brésiliens n&#8217;écoutaient jamais de jazz mais l&#8217;influence a été plutôt sud&#62;nord. Sur le plan harmonique les jazzmen modernes et les brésiliens bossa novistes ont sans doute écouté les mêmes musiciens classiques (Chopin, Brahms puis Debussy, Ravel, Satie&#8230;). Quant au nouveau son, écoutez « Braziliance » de Laurindo Almeida (guitariste bésilien vivant aux US) et Bud Shank (saxophoniste jazz californien), enregistré en 1954, donc 8 ans avant « jazz samba ».. c&#8217;était déjà dans l&#8217;air.. Il n&#8217;empêche que j&#8217;ai beaucoup aimé ce disque. On peut faire un commentaire sur le répertoire affiché: d&#8217;abord 2 thèmes, qui sont parmi les bossas novas les plus célèbres, « desafinado » et « samba de una nota so » de Tom Jobim et Newton Mendonça. Tiens! Où est donc passé le nom du second compositeur sur la pochette et l&#8217;étiquette ? Ce ne sera pas la dernière fois et on en reparlera. Par ailleurs il y a des morceaux d&#8217;autres grands du Brésil, souvent ignorés du public: Ary Barroso,Baden Powell. Ce disque ouvre une période de parasitage de la musique brésilienne par le jazz, pour ce qu&#8217;on en recevait en Europe et plus encore en province française. On en reparlera dans le numéro suivant avec la suite de l&#8217;histoire jazz-brésil (Getz et les Gilberto,Dizzy on the french riviera&#8230;) mais aussi des disques de Baden Powell, Joao Gilberto, Astrud Gilberto, Luis Bonfa, Bola Sete et une nouvelle qui promet: Elis Regina.</p>
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		<title>TAO LONGE DO BRASIL MAS TAO PERTO DE SUAS MUSICAS (Si loin du Brésil mais si près de ses musiques) N°1</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Feb 2012 23:27:15 +0000</pubDate>
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<a href="https://jipiblog.jipiz.fr/2012/02/14/tao-longe-do-brasil-mas-tao-perto-de-suas-musicas-si-loin-du-bresil-mais-si-pres-de-ses-musiques-n1/">TAO LONGE DO BRASIL MAS TAO PERTO DE SUAS MUSICAS (Si loin du Brésil mais si près de ses musiques) N°1</a><p>Décembre 2011. Un bœuf jazzo-gastronomique local. Un groupe achève (Ne dis rien Gérald!) « chega de saudade ».  A ma table quelqu&#8217;un dit : « La musique brésilienne c&#8217;est la bossa nova et la bossa nova c&#8217;est Jobim. Le monde entier le sait! » Encore la pensée unique?! Ce n&#8217;est pourtant pas de la politique&#8230; Comme j&#8217;ai bu un coup de trop (plusieurs ?) et que mon sang fait plusieurs tours (il ne connait pas l&#8217;expression) je n&#8217;ai pas le temps de répondre avant que le bœuf reprenne sa marche swingante. C&#8217;est pourquoi je vais essayer de le faire ici. La musique brésilienne c&#8217;est la bossa nova ? Imaginez, quelqu&#8217;un dit : « le jazz, c&#8217;est le bebop! ».. Déjà que certains ont eu du mal à admettre que le bebop est du jazz&#8230; Laissons de côté Villa Lobos et consorts (il va pourtant compter dans tout ça, composer quelques choros et figurer dans des jurys « écoles de sambas »). Mais le choro, les sambas cançao, de roda, de coco, funk, rock, rap, les partido alto,                                          sambalenco, pagode, frevo, modinha, marcha rancho, maracatu, forro (baïao, xote, coco, lambada) afoxé, batucada, rasta pé, toada, mangue beat, l&#8217;électro-brasil&#8230;.. ça compte pour du beurre ??!! Certains de ces styles sont parfois regroupés (idée d&#8217;un commercial paresseux) sous le sigle MPB (musica popular brasileira comme la SALSA pour les musiques latines new-yorkaises, cubaines, porto ricaines..) Je ne vais pas prétendre que je connais toutes ces variantes et que je les apprécie de la même façon ni même, pour certaines, que je suis capable de les distinguer mais je sais que ce peuple musico-dépendant adore ce foisonnement de musiques issues de toutes les cultures du grand Brésil. Du nordeste au sud carioca et sao pauliste, de la forêt amazonienne aux rivages de salvador de bahia, elles se côtoient, se chevauchent, se télescopent, mêlant l&#8217;Afrique et les cultures européennes aux racines indiennes comme se mêlent les rites religieux classiques et les délires sorciers africains ou indiens (vaudou, candomble) La majorité brésilienne préfère des musiques exubérantes,euphorisantes,dansantes. Ils aiment bouger sur elles, les reprendre en chœur, accompagner les rythmes et ils savent le faire! Bien sur, le carnaval et ses sambas restent encore dans toutes les mémoires mais leur polyrythmie est souvent supplantée par des rythmes binaires plus basiques (rock, funk, rap, « soupe » cèline dionnesque amenés par l&#8217;invasion médiatique nord américaine) qui gardent tout de même un petit côté chaloupé à cause de la langue. La bossa nova n&#8217;a jamais été appréciée que par une faible minorité au brésil : plutôt issue des classes aisées, blanches (lire le témoignage passionné et PASSIONNANT de Carlos Afonso). Certains ont même nié son lien avec le samba, son essence brésilienne. Comme le disait Tom Jobim : « c&#8217;est une musique de chambre populaire ». La musique de chambre ça n&#8217;attire pas les foules. C&#8217;est regrettable mais c&#8217;est comme ça. Ceci dit 0,5% de 200 millions ça fait tout de même 1 million; une minorité ça ne veut pas dire personne. Sur le plan strictement musical, il faut signaler que le choro, musique instrumentale née au 19e siècle, avec un équilibre beaucoup plus européen (utilisation importante du contrepoint, instrumentation moins percussive) est très respecté encore par les musiciens de tous les styles actuels qu&#8217;il a largement influencés. Des musiciens  composent encore des choros (H.pascoal, E.Gismonti..)et des jazzmen ont donné des versions plus ou moins fidèles de classiques ou des adaptations modernes du genre (« tico tico » par Charlie Parker ou le splendide « choro dançado »par Maria Schneider&#8230;) Et dans le monde ? Dès la fin de leur interdiction au carnaval (1930)  les sambas ont commencé à se faire connaitre dans le monde par les ondes, les disques et surtout les films brésiliens ou américains.  « Bahia » (« No baixo do sapateiro ») 1938 et « Brazil » (« Aquarela do Brasil »)1939 de Ary Barroso ont été ainsi des succés mondiaux.Le second apparait à la fois dans le film « familial » « los très caballeros » 1944 de Walt Disney et (avec un zeste d&#8217;ironie) dans le film trés politique « Brazil » de Terry Gilliam 1985. Un autre succés mondial important est le choro « Tico tico (no fuba) »  composé en 1917 par Zequinha de Abreu (exercice de virtuosité vocale avec Carmen Miranda ou Aloyso de oliveira ou instrumentale avec Ethel Smith à l&#8217;orgue ou l&#8217;orchestre « typique » de Xavier Cugat) et  propulsé vers le succès mondial par pas moins de 4  films : « Saludos amigos » de Walt Disney 1942, « Tico tico no fuba » de Adolfo Celi 1952, « Bathing beauty » (« Le bal des sirènes »)  1947 avec la sculpturale Esther Williams et « Copacabana » de Alfred Green 1947. Dans les années 50 un autre genre brésilien va se révéler au monde avec le film « O cangaceiro » de Lima Barreto 1953 et la chanson « Mulher rendeira »(O.garcia-F.Corona) curieusement chantée en français par Jean Sablon,chantée aussi par Joan Baez. C&#8217;est le Baîao, musique (entre autres) des cangaceiros,bandits sanguinaires du sertao, respectés mais craints par le petit peuple qu&#8217;ils défendaient contre les grands propriétaires terriens Dans les années 60 il est certain que les films de Marcel Camus (« Orfeu negro, »Os bandeirantes ») relayés par le matraquage publicitaire des télévisions et des majors américaines (Capitol, Verve, Warner A et M) qui ont  » signé » rapidement Tom Jobim, Joao Gilberto, Sergio Mendès, vont propulser au premier plan la bossa nova mais en donnant déjà une image déformée (F.Sinatra et la bossa nova..), plus jazz que nature,aussi nord-américaine que brésilienne et en insistant sur certains musiciens au détriment de certains autres. Mais le samba (ses mélodies entêtantes, ses percussions jouissives et les belles fesses brésiliennes) reste le plus fort symbole du Brésil pour la majorité. (Regardez les programmes des « revues brésiliennes » dans les restaurants ou salles de spectacles de grandes villes du monde). Il est quelquefois relayé par un autre rythme de danse spectaculaire (la lambada en 1989 ) Une formulation plus prudente de l&#8217;affirmation énoncée au début de cet article aurait pu être: »&#8230;&#8230; les amateurs de jazz que je connais le pensent&#8230;.  » Dans le monde, la bossa nova est appréciée, à l’extérieur des ascenseurs, par des brésiliens exilés (souvent intellectuels ou artistes), certains musiciens ou(et) amateurs de jazz ou de classique, quelques amoureux de douceur, de subtilité harmonique et&#8230; moi, mais on en reparlera, peut être, si ça vous intéresse, dans le n°2. Mon idée était de vous faire accompagner, en plusieurs volets,une exploration (partielle..partiale?) de la musique brésilienne par un hurluberlu qui n&#8217;a jamais posé les pieds au brésil et qui ne connait pas 3 mots de portugais. 50 ans de découvertes à travers des disques, des livres, des partitions, des films, des dvds (il y aura des références, ça plaira à jipi), des concerts, des rencontres et maintenant internet (youtube, daily motion, les sites de fondus&#8230;) A bientôt, si vous le voulez bien.</p>
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