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	<title>Actuel | Jipiblog</title>
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	<description>Jipiblog, le blog musical  : conseils, actualités, analyses et comparatifs sur l’édition de partitions, la contrebasse, les méthodes et l’univers musical. Ressources pour musiciens passionnés, enseignants et professionnels, par un éditeur contrebassiste.</description>
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		<title>Actuel : 56 ans plus tard, avons-nous régressé ?</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jan 2026 16:31:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Publié sur le jipiblog <a href="https://jipiblog.jipiz.fr">Jipiblog</a> 
<a href="https://jipiblog.jipiz.fr/2026/01/31/actuel-56-ans-plus-tard-avons-nous-regresse/">Actuel : 56 ans plus tard, avons-nous régressé ?</a><p>En feuilletant les numéros d’Actuel parus en 1970, on mesure à quel point la liberté d’écrire et de penser s’est rétrécie en 56 ans. Ce recul n’est pas une impression : c’est une trajectoire. Reste une question inquiétante. Vers quoi allons-nous maintenant ? Ce que Actuel ne ferait plus aujourd’hui. Et la question que ça pose En relisant ma collection d’Actuel parue au début des années 1970, une évidence s’impose immédiatement.Beaucoup de lecteurs d’aujourd’hui n’ont jamais connu ce journal. Il faut donc commencer par là. Actuel n’est pas un produit contemporain.Il ne s’agit pas d’un média né avec Internet.Il ne s’agit pas d’un titre post-réseaux sociaux. Actuel paraît il y a plus de cinquante ans.En 1970.Il y a exactement cinquante-six ans. Et pourtant, la liberté d’écrire, de dessiner et de penser qui s’y déploie est, à bien des égards, plus large que celle que nous connaissons aujourd’hui. Ce constat n’a rien de nostalgique.Il est factuel. Actuel, un magazine né dans un monde sans filtres automatiques Dans les années 1970, Actuel évolue dans un paysage médiatique sans algorithmes, sans modération en temps réel, sans indignation instantanée.Les textes paraissent. Les dessins sont publiés. Les idées circulent. Il n’y a pas d’anticipation permanente de la réaction.Pas de calcul sur la réception morale d’un propos.Pas de validation préalable par des grilles idéologiques mouvantes. Les auteurs écrivent, parfois mal, parfois excessivement, parfois brillamment.Ils avancent des idées, se trompent. Parfois ils corrigent&#8230; ou non. Ce droit fondamental à l’erreur intellectuelle est partout dans Actuel.C’est précisément ce qui rend ces pages encore frappantes aujourd’hui. Quelques exemples suffisent à comprendre ce qu’était réellement Actuel. Une liberté qui ne demande pas la permission Ce qui saute aux yeux à la relecture, ce n’est pas la provocation.C’est l’absence totale de demande d’autorisation. Les textes ne cherchent pas à être acceptables.Ils ne cherchent pas à cocher des cases et ne cherchent pas non plus à prouver leur conformité morale. Ils cherchent à comprendre, à explorer, à secouer. Aujourd’hui, l’écriture publique fonctionne différemment.Avant même d’écrire, on anticipe.Avant même de penser, on ajuste.Avant même de publier, on neutralise ce qui pourrait poser problème. La liberté d’écrire existe toujours.Mais elle est conditionnelle. Quand le cadre devient plus important que le contenu Dans Actuel, les sujets se mélangent librement.Musique, politique, drogues, sexualité, spiritualité, bande dessinée, sciences marginales. Aucune hiérarchie.Aucune signalétique.Aucune mise à distance préventive. Aujourd’hui, chaque sujet doit être encadré, contextualisé, balisé.Parfois excusé à l’avance. Le lecteur n’est plus présumé intelligent ou autonome.Il est présumé potentiellement choqué, offensé ou mal interprétant. Ce glissement est fondamental.Il ne s’agit pas de censure frontale.Il s’agit de normalisation. Le dessin devenu suspect Les dessins publiés dans Actuel sont dérangeants, ambigus, parfois inconfortables.Ils ne livrent pas de message clé en main.Ils obligent à penser. Aujourd’hui, ce type de dessin serait disséqué hors contexte, extrait, partagé, condamné en quelques heures.Non pas pour ce qu’il dit, mais pour ce qu’il pourrait laisser entendre. L’ambiguïté est devenue suspecte.L’ironie est devenue dangereuse.Le second degré est devenu un risque. Ce n’est pas un progrès.C’est un appauvrissement. Cinquante-six ans de progrès techniques. Et après ? En cinquante-six ans, la technologie a explosé.Les moyens de publication sont devenus accessibles à tous.La diffusion est instantanée.La parole est démultipliée. Et pourtant, l’espace mental accordé à la pensée libre s’est réduit. Pas par interdiction brutale.Par pression diffuse.Par peur de mal faire.Par peur de mal penser. Relire Actuel aujourd’hui ne consiste pas à dire« c’était mieux avant ». Cela consiste à poser une question beaucoup plus dérangeantecomment une société hyperconnectée peut-elle tolérer moins de liberté intellectuelle qu’en 1970 ? Vers quoi allons-nous ? La question n’est plus celle du passé.Elle est celle de la trajectoire. Si la normalisation se poursuit.Si l’autocensure devient la norme.Si l’erreur intellectuelle continue d’être traitée comme une faute morale. Alors la liberté d’écrire ne disparaîtra pas.Elle deviendra méconnaissable. Actuel ne serait sans doute pas interdit aujourd’hui.Il serait simplement impossible à produire. Et c’est peut-être cela, le signal le plus inquiétant. L’exemple très concret des VPN : un signal faible qui en dit long Cette régression des libertés intellectuelles n’est pas qu’une affaire de mots ou d’idées abstraites.Elle se manifeste aussi de façon très concrète, technique, presque administrative. La polémique actuelle autour de la possible restriction, voire de l’interdiction des VPN en France en est un bon exemple.Officiellement, il s’agit de lutter contre le piratage, la fraude ou des usages jugés problématiques.Dans les faits, on touche à un outil qui permet aussi, et surtout, de préserver une forme élémentaire de liberté numérique. Un VPN ne sert pas uniquement à contourner des règles.Il sert à protéger sa vie privée.À limiter la traçabilité systématique.À accéder à l’information sans être immédiatement profilé, catalogué, surveillé. Remettre en cause cet outil, même partiellement, c’est envoyer un message clairla liberté est tolérée tant qu’elle reste visible, identifiable et contrôlable. De la liberté d’écrire à la liberté de circuler numériquement Le parallèle avec Actuel n’est pas artificiel.Dans les années 1970, la liberté d’écrire reposait sur un principe simpleon publie, puis on débat. Aujourd’hui, la logique s’inverseon encadre d’abord, on surveille ensuite, et on débat éventuellement après. La remise en question des VPN s’inscrit exactement dans cette trajectoire.Il ne s’agit pas d’une interdiction brutale.Il s’agit d’un encadrement progressif, présenté comme raisonnable, technique, nécessaire. Comme pour la liberté d’expression, ce n’est pas la suppression qui inquiète le plus.C’est l’habituation.L’idée que certaines libertés deviennent suspectes par défaut. Une même logique, sous des formes différentes Qu’il s’agisse d’écrire un article, de dessiner une idée ou de protéger sa navigation en ligne, le mécanisme est le même.La liberté n’est plus un point de départ.Elle devient une exception à justifier. Relire Actuel aujourd’hui permet de mesurer ce glissement.Non pas avec nostalgie.Mais avec lucidité. La question n’est donc plus seulement« que ne ferait plus Actuel aujourd’hui ? » La vraie question estcombien de libertés jugées normales en 1970 sommes-nous en train d’accepter de voir restreintes, au nom du confort, de la sécurité ou de la bonne conduite ? Et surtoutjusqu’où irons-nous sans même nous en rendre compte ? &#160;</p>
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		<title>Actuel, Bizot et la contre-culture retrouvée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[jipi]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jan 2026 17:49:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Publié sur le jipiblog <a href="https://jipiblog.jipiz.fr">Jipiblog</a> 
<a href="https://jipiblog.jipiz.fr/2026/01/29/actuel-bizot-et-la-contre-culture-retrouvee/">Actuel, Bizot et la contre-culture retrouvée</a><p>En rangeant un placard, je suis retombé sur une pile de magazines Actuel des années 70. Une plongée inattendue dans la contre-culture, Bizot, Crumb et une liberté de ton aujourd’hui presque disparue. Actuel, Jean-François Bizot et l’odeur de la contre-culture retrouvée En faisant un peu de rangement chez moi, au fond d’un placard que je n’avais pas ouvert depuis des lustres, je suis retombé sur une pile de magazines Actuel.Pas quelques numéros isolés. Une vraie tranche d’histoire. Les premiers Actuel, ceux de la nouvelle série lancée en octobre 1970 par Jean-François Bizot. Du numéro 1 jusqu’au numéro double 22-23 de juillet, août et septembre 1972. Et en bonus, les numéros 36 et 43. Autant dire une petite machine à remonter le temps. Je me suis replongé dedans avec un mélange très agréable de nostalgie et d’amusement. Ces magazines ont vieilli, évidemment. Mais pas tant que ça. Surtout pas dans leur manière de regarder le monde de biais, de refuser les cases et de préférer les marges au centre. Actuel, un magazine pas comme les autres Quand Jean-François Bizot relance Actuel en octobre 1970, il ne s’agit pas d’un simple magazine culturel. C’est un manifeste imprimé. L’été précédent, lors du festival d’Amougies, circule déjà un numéro 0 d’Actuel nouvelle formule. Un petit magazine de free jazz, au tirage encore confidentiel, fondé en octobre 1968, que Bizot vient tout juste de reprendre et de détourner vers un projet beaucoup plus vaste. À l’époque, la presse française est encore très compartimentée. D’un côté l’information sérieuse. De l’autre le divertissement bien rangé. Actuel arrive comme un ovni, inspiré par la presse underground américaine, Rolling Stone, The Village Voice, Oz, et toute la galaxie psychédélique et libertaire de la fin des années 60. C’est un magazine qui ne demande pas l’autorisation. Il observe, raconte, provoque parfois. Et surtout, il donne la parole à des gens qu’on n’entend nulle part ailleurs. Une écriture libre, parfois chaotique, souvent brillante En relisant ces numéros aujourd’hui, ce qui frappe le plus, c’est la liberté de ton. Les articles sont longs, digressifs, parfois confus. Mais ils respirent une sincérité totale.On sent que les auteurs écrivent ce qu’ils vivent, ou ce qu’ils ont vraiment envie de comprendre. Pas ce qu’il faudrait écrire pour rentrer dans une ligne éditoriale propre et bien peignée. Les sujets s’enchaînent sans transition. Un reportage sur une communauté hippie. Une interview improbable. Une plongée dans l’underground musical. Un texte sur les drogues psychédéliques écrit comme un carnet de bord.Le lecteur n’est jamais pris par la main. Il est invité à se perdre. Et c’est précisément ce qui rend la lecture encore réjouissante aujourd’hui. La place centrale de l’image et des dessinateurs Actuel, ce n’est pas seulement des textes. C’est aussi une identité visuelle très forte.Les dessins, les collages, les mises en page explosées participent pleinement au propos. Le magazine ne cherche pas à être beau au sens classique. Il cherche à être vivant. Parmi les dessinateurs présents, impossible de ne pas citer Robert Crumb. Son trait immédiatement reconnaissable, son humour cru, ses obsessions, son regard acide sur l’Amérique et sur lui-même trouvent dans Actuel un terrain d’expression idéal.Crumb n’est pas là pour illustrer gentiment un article. Il est là pour déranger, pour commenter, pour ajouter une couche supplémentaire de malaise ou de lucidité. À ses côtés, on croise d’autres figures majeures de la bande dessinée underground et de l’illustration, françaises et internationales. Le dessin n’est jamais décoratif. Il est un discours à part entière. Relire Actuel aujourd’hui Replonger dans ces numéros plus de cinquante ans après leur publication, c’est constater à quel point Actuel a marqué son époque. Mais aussi à quel point certaines questions restent étrangement actuelles.La défiance envers les discours officiels. Le besoin d’expérimenter d’autres manières de vivre. La curiosité pour les cultures alternatives. La volonté de relier musique, politique, société et art sans cloisonnement. Bien sûr, certains textes sentent leur époque. Certains enthousiasmes peuvent faire sourire. Mais c’est un sourire bienveillant. Celui qu’on adresse à une génération qui cherchait, parfois maladroitement, mais avec une énergie folle. Ces magazines, retrouvés au fond d’un placard, ne sont pas que des souvenirs personnels. Ce sont des fragments d’une histoire culturelle que l’on aurait tort de réduire à une simple parenthèse hippie. Actuel a semé des graines. Beaucoup ont germé ailleurs, plus tard, sous d’autres formes. Et franchement, les relire aujourd’hui, c’est aussi se rappeler qu’un magazine peut être un espace de liberté totale. Sans algorithme. Juste du papier, de l’encre et des idées. Mais que reste-t-il de cette liberté aujourd&#8217;hui ? Je n&#8217;ai pas pu m&#8217;empêcher d&#8217;écrire ce nouveau billet : Qu&#8217;en est-il 56 ans plus tard ? En référence un chapitre du livre de Michaël Rolland « 1968 entre libération et libéralisation la grande bifurcation » est consacré au magazine. Actuel (1970-1975) et les contre-cultures des années 1968 en France.</p>
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